Alarmés par l’état de santé des grévistes de la faim, les recteurs demandent une "solution humaine"

Tout comme leurs homologues des universités francophones du pays l’avaient fait dans une prise de position diffusée mardi soir, les recteurs des cinq universités flamandes demandent ce mercredi aux autorités qu’une solution humaine soit trouvée rapidement pour les 430 sans-papiers qui sont en grève de la faim depuis 40 jours à Bruxelles, dans des locaux des universités VUB et ULB et à l’église du Béguinage. Les grévistes espèrent ainsi obtenir leur régularisation, mais l’état de santé de certains devient inquiétant. "Des conséquences irréversibles pourraient résulter de leur action", soulignaient les recteurs et rectrices.

Le recteur de la KU Leuven, Luc Sels (photo), précise que "la grève de la faim a atteint une phase critique. Sa poursuite pourrait occasionner des dommages corporels sérieux et persistants et met réellement leur vie en danger". Les recteurs demandent donc aux grévistes de mettre un terme à leur action désespérée, tout en appelant les autorités à "trouver une solution humaine" au conflit. Ils ne précisent cependant pas ce qu’ils envisagent comme solution.

Les recteurs francophones notent que certains sans-papiers sont installés et travaillent en Belgique depuis de nombreuses années et que ces derniers demandent que leur situation soit prise en compte pour examiner leurs conditions de régularisation.

Le gouvernement fédéral n’a cependant pas l’intention de répondre aux exigences des sans-papiers. Le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), ne veut pas accorder une régularisation aux grévistes de la faim. Il craint en effet que cela inciterait davantage de personnes en situation irrégulière à mener une grève de la faim ou d’autres actions de pression. Au sein de la coalition, son point de vue est critiqué par Ecolo et le PS.

Entretemps, les sans-papiers maintiennent leur action. Quatre d’entre eux se sont cousu les lèvres. Les grévistes de la faim reçoivent le soutien de plusieurs organisations, qui ont remis ce mercredi au Secrétaire d’Etat Mahdi une pétition avec 28.000 signatures.

Accord sur la création d'une agence de l'UE pour l'asile

Sammy Mahdi (photo) a d’autre part salué l'accord intervenu mardi entre la présidence du Conseil européen et les représentants du Parlement européen sur un règlement instituant une agence de l'Union européenne pour l'asile. Selon cet accord, l'actuel Bureau européen d'appui en matière d'asile (EASO), créé en 2010, sera transformé en une agence à part entière.

Celle-ci sera chargée d'améliorer le fonctionnement du régime d'asile européen commun (RAEC) en fournissant une assistance opérationnelle et technique renforcée aux États membres dans le traitement des procédures d'asile nationales et en contribuant à une plus grande convergence dans l'évaluation des demandes de protection internationale. Les États membres pourront demander l'aide de l'Agence en cas de pic de demandes d'asile.

"Cette question est sur la table depuis 2016", rappelait Sammy Mahdi. "Jusqu'à présent, aucun progrès n'a été possible car toutes les discussions étaient prises en otage par la demande d'un accord de la part de certains pays sur toutes les propositions du Pacte européen sur la migration et l'asile. Mais le moment est venu ! Enfin, des mesures concrètes sont prises en faveur d'une politique européenne d'asile et de migration. La prochaine étape est EURODAC, où plus d'informations que les seules empreintes digitales des demandeurs d'asile sont entrées dans une base de données et où nous pouvons mieux contrôler la migration."

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