Torrents de pluie et inondations : "Une parfaite illustration du réchauffement climatique"

Les averses courtes, intenses et localisées vont devenir bien plus fréquentes dans les années à venir. C'est ce qu'affirme Jean Berlamont, professeur émérite en hydraulique à la KU Leuven, au micro de Radio 1 (VRT). Selon lui, le phénomène est directement lié au réchauffement climatique. Et nous avons intérêt à nous armer contre ces fortes précipitations en protégeant nos habitations.

Alors que ces dernières années, les vacances d'été ont été accompagnées de températures élevées et d'un soleil radieux dans un ciel bleu, les fortes précipitations que nous avons connues ces dernier jours sont venues changer la donne.

D’après Jean Berlamont (KU Leuven), nous ferions mieux de nous y habituer car, tout comme les étés chauds et secs, ces fortes averses sont de parfaites illustrations du réchauffement climatique. "Quand on parle de réchauffement, on parle de moyen et long terme. Cela ne veut pas dire qu'après des étés secs et chauds, nous ne pouvons pas avoir des étés relativement froids et humides", explique le professeur en hydraulique dans "De morgen" (Radio 1).

Pourquoi de telles inondations ?

Globalement, il ne pleuvra pas nécessairement plus, "mais les précipitations en été se feront principalement sous forme d'averses relativement courtes, localisées et très intenses". Nous en avons déjà eu un avant-goût dimanche. Suite à de fortes intempéries, des caves et des habitations ont été inondées et l'autoroute E40 a été submergée pendant des heures.

Ces inondations sont liées à différents facteurs. "D’une part, nos systèmes de drainage ne sont pas conçus pour des pluies aussi fortes et, d'autre part, le vent de ces derniers jours a fait voler des branches et des feuilles qui ont bouché certaines évacuations", explique Jean Berlamont.

Quid de la bétonisation ?

Les inondations qui ont touché le nord du pays sont-elles également dues à la bétonisation galopante en Flandre ? 

"Les surfaces pavées posent principalement un problème pour la gestion de l'eau à long terme et l'alimentation des nappes phréatiques, mais il ne joue pas de rôle dans les inondations causées par des précipitations soudaines", commente le professeur de la KU Leuven. "Des surfaces plus perméables ne feraient aucune différence car l'infiltration de l'eau est beaucoup plus lente que l'intensité des précipitations."

Selon Jean Berlamont, il faut donc s'armer autrement contre les pluies intenses à l'avenir : "La seule chose que l'on peut faire et à laquelle il faut aussi penser à l'avenir, c'est d'essayer de se protéger, par exemple en étanchéifiant mieux les entrées de caves, en installant des marches à l'entrée d'une maison, ou en prévoyant des systèmes d’emmagasinement d’eau dans les parkings des grands commerces et dans certaines rues."

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