Ken Loach et une centaine de personnalités expriment leur soutien aux grévistes de la faim bruxellois

La situation des quelque 400 grévistes de la faim à Bruxelles suscite des inquiétudes au niveau international. Une centaine d’universitaires et de personnalités internationales de renom comme Ken Loach, Noam Chomsky et Yannis Varoufakis ont signé une carte blanche pour dénoncer "une grave erreur politique". 

Les 115 signataires, dont la philosophe et militante politique américaine Angela Davis, le linguiste américain Noam Chomsky, le réalisateur britannique Ken Loach et le professeur d'économie et ex-ministre grec Yannis Varoufakis, évoquent "une grave erreur politique" et recommandent d'établir "des canaux de migration légale". 

Le gouvernement belge est "paralysé par la montée de l'extrême droite. Il tente de s'en distancer en invoquant une politique migratoire "stricte mais humaine". Mais cela équivaut à mettre en place une version édulcorée du programme migratoire des partis d'extrême droite, tout en utilisant une rhétorique qui défend les droits de l'homme et le droit international", fustigent les signataires.

Selon ces derniers, les autorités belges ignorent le fait qu’elles sont partie responsable des 150.000 sans-papiers présents dans le pays. "Les pays européens ont comprimé les canaux d'immigration légale de manière drastique et collective au cours des 20 dernières années. Ils ont externalisé les contrôles aux frontières à des États qui se soucient peu du bien-être des migrants, comme la Turquie et la Libye", peut-on encore lire.

Les signataires s'opposent également à la réponse du Secrétaire d'Etat Sammy Mahdi (CD&V). Ils parlent de "contre-argumentation émoussée" et de "formalisme juridique". "Tout le monde s'accorde à dire que la migration peut être mieux gérée. C'est pourquoi il est important de se concentrer sur les canaux de migration légale".

Mahdi met en place une zone neutre

Une zone neutre a été mise en place rue Melsens à Bruxelles, à proximité de l'église du Béguinage. Dans cette zone, les personnes sans-papiers qui mènent une grève de la faim pourront recevoir des informations sur leur situation administrative et les procédures qu'elles peuvent entreprendre.

Selon le secrétaire d'État à l'Asile, Sammy Mahdi, trop d'informations erronées circulent sur les demandes de séjour en Belgique. Dans le bâtiment mis à disposition par la Ville de Bruxelles, des collaborateurs de la Ville et de l'Office des étrangers donneront des explications sur les décisions négatives prononcées, les demandes toujours pendantes et les procédures existantes.

"À un moment où les gens mettent leur vie en danger, il est nécessaire de bien expliquer les règles et de dire ce que l'on fait et ce que l'on ne fait pas. La zone neutre est très importante pour leur expliquer pour quelle raison ils ont une chance ou non d'obtenir une régularisation. Ils reçoivent aussi la possibilité d'introduire immédiatement leur demande dès lors qu'ils savent si cela vaut ou non la peine", a expliqué le secrétaire d’Etat qui continue à s'opposer à une régularisation collective, considérant la régularisation comme une faveur et non un droit. 

"Nous n'allons pas mener une autre politique pour des gens qui font grève ou occupent un endroit. Il y a 150.000 sans-papiers dans notre pays et ce ne serait pas correct de traiter différemment 400 personnes. Évidemment, nous faisons tout pour qu'il n'y ait pas de décès. Avec cette zone neutre, nous voulons évacuer les faux espoirs et informer correctement", a-t-il encore expliqué.

Les autorités cherchent également à établir une zone neutre sur les campus de l'ULB et de la VUB où une grève de la faim est aussi en cours, mais jusqu'à présent aucun lieu adapté n'a pu être trouvé.

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