Grève de la faim des sans-papiers : "Personne ne veut un drame"a répété Sammy Mahdi  

Des équipes médicales ont été envoyées dimanche soir, sur demande du gouvernement, auprès des personnes sans-papiers qui sont en grève de la faim dans l'église du Béguinage au centre de Bruxelles et dans des locaux de l'ULB et de la VUB, a-t-on appris lundi matin. "Personne ne veut un drame", a de son côté répété dimanche le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Sammy Mahdi (CD&V).  

De bonne source, on apprend que la décision a été prise après une concertation entre le gouvernement fédéral et les bourgmestres concernés, à la suite d'un rapport médical de la Croix-Rouge. Trois équipes SMUR ont été envoyées au même moment, sur chacun des sites où séjournent les grévistes de la faim, confirme-t-on au cabinet du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit).

Il s'agissait de faire "un check-up médical de ceux qui le souhaitaient".

De nombreux grévistes de la faim, qui demandent une régularisation collective, ont récemment aussi entamé une grève de la soif.

"Après près de soixante jours de grève de la faim, une majorité des 450 personnes ont commencé une grève de la soif: un décès devient possible à tout moment", alerte lundi matin Médecins du Monde. Selon l'organisation, ce sont "près de 300 grévistes" qui sont aussi en grève de la soif, sur deux des trois sites occupés, ceux de la VUB et de l'église du Béguinage.

"L'état neurologique de la plupart des grévistes est excessivement critique avec des débuts de cécité, des vertiges et pertes d'équilibre entraînant des blessures et lésions", indique via communiqué de Médecins du Monde la Docteure Rose Nelki, qui suivait les grévistes du site de l'ULB.

Un comité ministériel restreint a lieu ce lundi matin, lors duquel la situation des sans-papiers sera abordée.

Sammy Mahdi : "Personne ne veut un drame"

"Personne ne veut un drame", a de son côté répété le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Sammy Mahdi (CD&V).  "Nous recevons des signaux indiquant que la pression de groupe sur certains sites est si élevée que cela m'inquiète certainement. Mais nous continuons à espérer que les gens voudront voir traiter leur dossier individuellement, car il n'y aura ni solution collective ni concessions pour les grévistes de la faim. Sinon, demain, il risque d'y avoir des grèves de la faim dans toutes les églises du pays", a de son côté répété M. Mahdi en rappelant la mise en place de zones neutres où les grévistes peuvent avoir un contact direct avec l'Office des étrangers. 

Dans les heures et les jours à venir, son cabinet restera en contact avec les sans-papiers pour leur fournir les explications nécessaires sur le fonctionnement de ces zones neutres. Les porte-parole des sans-papiers ont été invités à venir y jeter un coup d'œil, mais pour l'instant, ils n'ont pas encore accepté cette invitation, souligne enfin l'entourage du secrétaire d'Etat.

Egbert Lachaert exhorte les communes à prendre des mesures

"Les bourgmestres et les autorités locales doivent envisager de prendre des mesures pour mettre un terme à la grève des sans-papiers à Bruxelles, a demandé lundi le président de l'Open VLD, Egbert Lachaert, interrogé sur les ondes de la VRT.

Le président des libéraux flamands n'en a guère dit plus sur les initiatives qui pouvaient être prises, notamment sur une éventuelle prise en charge forcée dans un hôpital. "En ce moment, tout doit être évalué pour aider ces gens le plus vite possible", a-t-il.

"Il ne peut toujours pas être question d'une régularisation collective", a répété Egbert Lachaert dont le parti continue à soutenir la position prise par le secrétaire d'Etat à l'Asile, Sammy Mahdi. 

Ce week-end, le PS, Ecolo et Groen ont demandé au Premier ministre, Alexander De Croo, de prendre le dossier en main. Une requête pour le moins "inhabituelle", selon le président du parti du Premier ministre. A ses yeux, au vu du défi posé par la crise sanitaire et les inondations catastrophiques subies par le pays, il serait "irresponsable de provoquer une crise sur ce qui a été convenu l'an passé".

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