Un nouveau bilan provisoire des inondations s'établit à 31 décès et 70 disparus

Les autorités ont pu reprendre contact dans les dernières heures avec une cinquantaine de personnes dont elles étaient sans nouvelles depuis les inondations meurtrières de la fin de la semaine dernière, a annoncé lundi le Premier ministre Alexander De Croo.

Le bilan provisoire de la catastrophe s'établit donc actuellement à 31 morts et quelque 70 disparus, a  précisé le Premier ministre à l'entame d'une conférence de presse consécutive à la réunion du comité de concertation.

Dans un communiqué, le gouvernement rappelle à nouveau que les régions inondées "ne sont pas des sites touristiques".

"Malgré les appels répétés à ne pas se rendre inutilement sur le lieu de la catastrophe, nous constatons que de nombreuses personnes ignorent cette recommandation. Dans les zones touchées, les services d'urgence sont toujours très actifs et les débris sont en train d'être déblayés. Les curieux peuvent entraver ce travail, par exemple, en se garant au mauvais endroit ou en compliquant la circulation sur des routes déjà difficiles d'accès. Afin d'aider les victimes, nous demandons à nouveau à chacun d'éviter les visites inutiles dans les régions touchées", insistent les autorités fédérales.

Si des Belges avaient projeté de passer des vacances dans les Ardennes cet été, ceux-ci sont invités à s'informer de la situation sur place auprès du propriétaire du logement loué, ou auprès de l'office du tourisme local.

Dans les zones sinistrées, la situation connaît sur le terrain une "stabilisation", selon le gouvernement fédéral.

Après les sauvetages d'urgence et l'évacuation des survivants, les travaux de ces dernières heures ont permis de rendre à nouveau accessibles l'essentiel des zones sinistrées à la faveur du reflux des cours d'eau dans leur lit.

"Il s'agit maintenant de poursuivre la recherche des personnes disparues, d'estimer les dommages causés aux infrastructures de base pour l'eau, l'électricité, la mobilité et la communication, et de commencer les réparations provisoires ou définitives. Ces interventions permettront également à certaines personnes de regagner leurs habitations", ajoute le communiqué du gouvernement fédéral.

Dans plusieurs endroits, les ingénieurs vérifient actuellement la stabilité d'une série de bâtiments. Un certain nombre de routes locales sont toujours fermées. Des déviations sont dès lors toujours prévues.
 

Quatre chiens-pisteurs déployés pour la recherche de corps

La police fédérale entre ce lundi dans une phase de recherche structurée des victimes. Elle va commencer à Pepinster et dans le camping d'Esneux en province de Liège, deux endroits où beaucoup de victimes sont recensées.

D'autres lieux seront déterminés dans les jours qui viennent. Des chiens pisteurs seront déployés. Le service "Disaster Victim Identification" (DVI) s'appuiera sur son équipe de 25 personnes qui recevra le renfort de 50 autres personnes issues des laboratoires et des assistants de police, et 25 personnes d'autres disciplines (médecins, odontologues, protection civile).

Le travail s'articule en deux volets, le premier "ante mortem" qui consiste à collecter des éléments ayant trait aux victimes (vêtements, objets, dentition, etc.) et le second post mortem, qui concerne les éléments liés aux corps retrouvés. Une équipe est chargée de faire la jonction entre ces deux volets selon des standards établis internationalement et particulièrement stricts, selon M. Demesmaeker.

Cette tâche est difficile et atypique, a fait remarquer le commissaire général, Marc De Mesmaeker. Le nombre de victimes est considérable, le courant a transporté des corps sur des kilomètres et les a sans doute démembrés, bon nombre d'endroits sont en outre toujours dangereux.

 

Les opérations de recherche de survivants sont terminées dans la vallée de la Vesdre

Cinq jours après les inondations du 14 juillet, les opérations de recherche de survivants sont terminées dans la vallée de la Vesdre, a indiqué lundi à Pepinster, Alain Barbier, le chef de corps de la zone de police Vesdre.

"Si on espère évidemment toujours retrouver des survivants, il faut être réaliste. Les recherches, avec des moyens techniques, pour retrouver des personnes vivantes se sont arrêtées et aujourd'hui, d'autres recherche pour retrouver des corps ont débuté", a indiqué le chef de zone qui précise que parmi les 31 victimes, 19 ont été identifiées. Parmi celles-ci, il y aurait cinq Verviétois et trois Pepins.

Alors que plusieurs dizaines de maisons doivent encore être inspectées par des experts en stabilité, la zone de police Vesdre soutenues par des collègues de tout le pays, veille 24 heures sur 24 à la sécurisation des biens des sinistrés. "Cela nous permet de garantir la présence de 70 policiers, jour et nuit pour tenter de dissuader les pilleurs sans scrupule. Nous demandons aux citoyens de ne pas intervenir mais d'être attentifs et d'observer la situation en n'hésitant pas à poser questions aux inconnus qui se promènent dans le quartier et appeler la police en cas de doute", conseille le chef de corps qui est lui-même originaire de Pepinster.

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