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La visite du médiateur jugée décevante par les demandeurs d’asile, PS et Ecolo modèrent leur discours

L'accueil a été froid dans les trois occupations des grévistes de la faim à Bruxelles envers l'envoyé spécial désigné par le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Sammy Mahdi (CD&V) afin d'orienter les sans-papiers vers les procédures existantes, ont indiqué en fin de journée l'USPR (Union des Sans-Papiers pour la Régularisation) et l'ONG Médecins du Monde. Alors que le parti socialiste menace de quitter le gouvernement en cas de décès d'un des sans-papiers, le président du PS Paul Magnette tente de tempérer. De son côté, le ministre de la Santé a appelé à trouver des solutions "sur mesure" pour des personnes qui vivent une situation sanitaire désormais "critique".

Le commissaire général aux réfugiés et apatrides Dirk Van den Bulck, mandaté par les autorités, s'est rendu dans les réfectoires des universités ULB et VUB ainsi qu'à l'église du Béguinage. "Ils sont déçus, entre autres parce que ce monsieur n'a apparemment apporté aucun nouvel élément", a observé Michel Genet, directeur général de Médecins du Monde. "Il a répété avec quelques approximations les différentes voies légales d'obtention du séjour", a rapporté l'USPR dans son communiqué. "Dans l'état actuel de la grève de la faim et de la soif, une telle perte de temps est extrêmement dangereuse".

L'Union des sans-papiers pour la régularisation (USPR) a transmis il y a quelques jours aux partis une proposition de régularisations individualisées, dont le contenu détaillé n'a pas été dévoilé publiquement.  Les personnes sans-papiers qui sont gravement malades peuvent introduire une demande de séjour pour raison médicale, a relevé lundi en fin de journée le secrétaire d'État dans un communiqué intitulé "Le secrétaire d'État Sammy Mahdi tend la main pour sortir de l'impasse".

"Certains grévistes ont à nouveau accepté de se faire transporter à l'hôpital, ce qui est positif", a par ailleurs noté Michel Genet. Il s'agit de 4 personnes du site de l'ULB et de 3 à 4 autres de l'église du Béguinage. Pour affirmer leur détermination à poursuivre leur grève de la faim, aucun sans-papiers n'avait accepté de monter dans une des nombreuses ambulances envoyées dimanche soir par le gouvernement. Depuis le début de la grève de la faim le 23 mai dernier, des personnes sont emmenées quotidiennement à l'hôpital le temps d'effectuer divers soins et suivis médicaux. 

PS et Ecolo modèrent leur discours

Au lendemain de la menace par le parti socialiste de quitter le gouvernement fédéral en cas de décès d'un des sans-papiers grévistes de la faim à Bruxelles, le président du PS Paul Magnette a estimé mardi que le dossier avait évolué au cours des dernières heures.

"Je ne pense pas que le gouvernement soit en crise", a affirmé M. Magnette, interrogé mardi par "la Première" (RTBF). Le président des socialistes a ajouté en substance que sa formation entendait tout faire pour trouver une solution et avait formulé des propositions à plusieurs reprises au sein de la majorité gouvernementale. Il a relevé que, pour la première fois, le secrétaire d'État  à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi (CD&V) avait désigné un médiateur dans ce dossier et avait accepté de parler avec les associations. "Nous demandons de travailler avec tous les moyens légaux possibles. Nous ne demandons pas une régularisation massive", a ajouté Paul Magnette.  

Le vice-Premier ministre PS Pierre-Yves Dermagne a informé lundi le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) et les autres vice-Premiers que les membres socialistes du gouvernement démissionneraient si un des grévistes de la faim décédait. M. Dermagne l'a aussi indiqué au bureau de parti.

De son côté, le co-président d'Ecolo Jean-Marc Nollet avait également lancé un avertissement allant dans le même sens, lundi, sur Twitter: "d'aucuns s'interrogent sur l'attitude des ministres Ecolo. Nos actes seront bien entendu posés en pleine cohérence avec nos propos et nous l'avons fait savoir (...) au Premier ministre". Interrogé par la Première, M. Nollet a toutefois lui aussi modéré son discours mardi matin: "On ne peut se permettre une nouvelle crise... Les choses ont été communiquées au Premier ministre et auraient dû le rester...", a-t-il commenté, déplorant implicitement le fait que de tels propos aient fait l'objet d'une diffusion plus large.

Vandenbroucke demande des solutions sur mesure

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a appelé lundi à trouver des solutions "sur mesure" pour les personnes sans papiers en grève de la faim à Bruxelles, qui vivent une situation sanitaire désormais "critique".

"Le cadre légal permet pas mal de solutions sur mesure", a-t-il affirmé au JT de la RTBF. Selon Frank Vandenbroucke, un "dialogue concret" doit avoir lieu, et le nouvel envoyé spécial Dirk Van den Bulck, commissaire général aux réfugiés et apatrides, doit permettre de "relancer ce dialogue avec le message qu'on peut trouver des solutions".

Le vice-Premier ministre Vooruit dit garder sa confiance en M. Mahdi, alors que le PS et Ecolo ont menacé de faire démissionner leurs ministres si un gréviste de la faim devait décéder. Il a souligné l'importance "d'éviter des propos publics qui rendent les choses plus difficiles".

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