Le secrétaire d’Etat Sammy Mahdi l’affirme : "Aucun accord n’a été conclu avec les grévistes de la faim"

Alors que les quelque 400 personnes sans-papiers qui menaient une grève de la faim à Bruxelles depuis le 23 mai ont soudainement suspendu leur action, les spéculations vont bon train : un accord a-t-il été conclu ? Les grévistes de la faim ont-ils reçu des promesses ? Le Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), assure qu'il n'en est rien et qu’il s'en tient à sa politique. "Chaque cas sera évalué individuellement, et les grévistes de la faim recevront le même traitement que tout le monde", a-t-il fait savoir au micro de Radio 1 (VRT).

La grève de la faim menée à Bruxelles, dans les bâtiments des universités ULB et VUB et dans l'église du Béguinage, avait atteint son paroxysme la semaine dernière. Plus de deux cents sans-papiers concernés s’étaient en effet également mis en grève de la soif, ce qui augmentait irrémédiablement le risque de décès. Ecolo et le PS avaient alors menacé de quitter le gouvernement si l'une de ces personnes venait à mourir.

Un compromis semblait bien loin. La "zone neutre", où les grévistes de la faim pouvaient discuter de leur cas, n'avait guère été visitée. Même la nomination d'un médiateur - l'"envoyé spécial" Dirk Van den Bulck, le plus haut responsable du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides – n’avait pas vraiment été accueillie avec enthousiasme. 

Mercredi pourtant, environ soixante jours après le début de la grève de la faim, la nouvelle est soudainement tombée : l'action a été suspendue, du moins dans l'Eglise du Béguinage et à l'ULB.

Des accords ont-ils été conclus ?

Un accord a-t-il dès lors été conclu ? Y aura-t-il une régularisation collective de l'ensemble du groupe de grévistes de la faim ? Le Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi est formel : cela n'arrivera pas.

"J'ai indiqué à ces personnes que la politique ne changera pas, et qu'une grève de la faim ne les aidera pas. Nous traiterons tous les cas individuellement, comme nous l'avons fait par le passé. Les règles ne changeront pas", a-t-il commenté. "Allons-nous traiter les cas de manière humaine ? Oui, mais c'est ce que nous avons toujours fait jusqu’ici". 

Qui pourra obtenir des papiers ?

La question est maintenant de savoir ce qu'il adviendra de toutes ces personnes et de leur dossier. D’après le député N-VA et ancien Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken, peu d’entre eux pourront obtenir des papiers. "Les familles avec enfants doivent être dans la procédure depuis trois ans, les célibataires depuis quatre ans, ou vous devez être ici depuis dix ans. Presque aucun des grévistes de la faim ne remplit ces conditions", estime-t-il.

De son côté, Sammy Mahdi affirme que sur l’ensemble des personnes qui demandent une régularisation, 40 à 55 % obtiennent une réponse positive. "Mais je ne peux pas voir dans une boule de cristal. Nous devons savoir qui sont ces gens. Et quand nous le saurons, ils seront traités de la même manière que les autres", conclut-il.

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