121 athlètes belges dans 25 disciplines aux JO de Tokyo avec une réel ambition de médailles

Le Comité International Olympique tend de plus en plus à la parité homme-femme (49% des athlètes à Tokyo seront féminines) et la Belgique s'en approche. Avec 55 Olympiennes, les femmes représenteront 45 % de la délégation belge. Sans une élimination de justesse face à la Chine, les Red Panthers de hockey auraient permis aux femmes d'être majoritaires, ce qui n'est jamais arrivé lors des 28 précédentes éditions des JO d'été. Elles établissent en tout cas un nouveau record qui remontait à Londres en 2012 avec 46 sélectionnées. Lors des premiers Jeux de Tokyo en 1964, 61 athlètes belges étaient présents dont une seule femme !

L'autre progrès concerne les sports collectifs, signe de la bonne santé sportive d'une nation. Le hockey masculin était orphelin au pays de la samba, il sera accompagné au Japon du basket féminin et du basket 3x3 masculin, nouvelle épreuve olympique. La Belgique avait pris part il y a cinq ans à six épreuves par équipes (relais 4X400 masculin en athlétisme, gymnastique féminine, relais 4X100 et 4X200 libre messieurs en natation, double dames en tennis, 49er en voile). A Tokyo, les trois relais 4X400 d'athlétisme (messieurs, dames, mixte), le relais mixte en triathlon, le deux de couple poids légers en aviron, le K2 500 m en canoë-kayak féminin, le madison féminin et masculin en cyclisme sur piste, les équipes d'équitation en jumping et en dressage, la gymnastique féminine, le double dames et double messieurs en tennis et le 49er FX en voile portent ce chiffre à quatorze.

Une benjamine de 15 et un doyen de 41 ans

La benjamine de la sélection est la gymnaste Jutta Verkest âgée de 15 ans. Le doyen est le cavalier d'obstacles Jérôme Guéry qui fête ses 41 ans le 24 juillet. Mais si l'un des cavaliers de jumping devait renoncer et que son remplaçant devait entrer en lice, ce serait lui, Yves Vanderhasselt 42 ans qui hériterait du titre. Quant à celui de l'Olympien belge le plus expérimenté, ils sont cinq à pouvoir se prévaloir d'une quatrième participation consécutive: les athlètes Jonathan et Kevin Borlée et les hockeyeurs Gauthier Boccard, Felix Denayer et John-John Dohmen (Thomas Briels n'est que réserviste à Tokyo). Sans la blessure de son cheval Fletcha, la cavalière de concours complet Karien Donckers aurait participé à ses 7e JO, record belge que partagent le tireur François Lafortune et le pongiste Jean-Michel Saive.

De l'olympiade sud-américaine à l'extrême orientale, le sport belge a enregistré quelques premières: une première athlète championne du monde avec Nafi Thiam (2017), une première régatière en voile au sommet de la planète grâce à Emma Plasschaert (2018), imitée quelques semaines plus tard par Nina Derwael, qui a même récidivé douze mois plus tard (2019) en gymnastique artistique. Sur sa lancée de leur 2e place à Rio, les Red Lions de hockey offraient une première Coupe du monde à la Belgique dans un sport collectif olympique. Et pas plus tard que le mois dernier, c'est le judo masculin qui obtenait son premier sacre mondial par l'entremise de Matthias Casse, déjà solide N.1 au classement mondial dans sa catégorie (-81 kg). 

Tous sont de légitimes candidats au podium et même à la plus haute marche. Il ne faudrait pas oublier les champions d'Europe par équipes d'équitation, le taekwondoïste Jaouad Achab, ou les coureurs cyclistes Wout van Aert, triple vice-champion du monde en titre, et Remco Evenepoel.
 

PDV

De réelles ambitions

Il n'en faut pas davantage pour que le Team Belgium aborde ces JO avec des ambitions réelles. 

Officiellement, le COIB parle de décrocher à Tokyo 21 places dans le top 8, en estimant que parmi ces diplômes olympiques plusieurs obtiendront des grandes distinctions sous forme de médailles. Six médailles avaient été remportées à Rio, deux dans chaque métal, il en avait espéré entre 3 et 5. Le meilleur bilan depuis vingt ans et les JO d'Atlanta en 1996. Dix-neuf top 8 avaient complété l'inventaire. Depuis la Seconde Guerre mondiale, jamais la Belgique ne s'est parée de plus de 7 médailles, c'était à Londres en 1948. Dans aucune édition depuis 1928, trois médailles d'or n'ont couronné les Jeux des Belges.

Gracenote, une société qui établit des prédictions lors de chaque JO sur base des données statistiques et des résultats des récentes grandes compétitions dans chaque sport, a fixé au mois d'avril à 11 médailles (2 or, 4 argent, 5 bronze) son bilan belge lequel était évalué à 9 en mai 2019 et à 10 en février 2020. Elle en avait prédit 3 ou 4 à Rio en 2016.

Reste la glorieuse incertitude du sport, qui permet le jour J de présenter "la meilleure version de soi-même", de créer des surprises ou de perdre ses moyens.

Des conditions très particulières entoureront ces Jeux de la pandémie, avec son absence de public - et notamment des parents et proches des sportifs -, ses contrôles sanitaires incessants, avec la menace d'être privé de compétition en cas de contrôle positif, sa liberté de mouvement restreinte qui viennent s'ajouter à des conditions climatiques que l'on annonce pénibles. 

De la capacité à appréhender ces différents éléments dépendra la réussite ou non de ce rendez-vous olympique qui restera quoi qu'il arrive unique dans l'histoire.
 

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