Geert Molenberghs : "Grâce à la couverture vaccinale, une grande différence par rapport à l’automne 2020"

Le biostatisticien Geert Molenberghs (UHasselt et KU Leuven), et sa collègue Christel Faes (UHasselt), suivent de près la relation entre le nombre de contaminations et d'hospitalisations durant les vagues de covid-19. "Un doublement du nombre de cas pendant la grande vague de l'automne 2020 avait entraîné une augmentation de 60 % des admissions à l'hôpital", indique Geert Molenberghs. "Par exemple, supposons que l'on passe de 1 000 à 2 000 contaminations en quelques jours, les hospitalisations passeraient de 100 à 160."

L'augmentation actuelle des contaminations dues au variant delta montre une augmentation plus faible des hospitalisations. "Dans la vague actuelle, lorsque les cas doublent, on constate une augmentation de 40 % des hospitalisations. Le temps de doublement des contaminations est passé de huit jours à deux semaines. La croissance du nombre de contaminations et d'hospitalisations est donc en baisse", explique Geert Molenberghs.

Moins d’hospitalisations malgré le variant delta plus contagieux

L’augmentation de 40% des hospitalisations signifie deux choses, explique Geert Molenberghs. "Nous sommes confronté à un variant plus contagieux, qui, sans vaccination, ne ferait qu'entraîner davantage d'hospitalisations. La baisse que nous constatons aujourd'hui est due à l'augmentation de la couverture vaccinale, mais aussi à d'autres facteurs tels que les mesures sanitaires encore en vigueur.

Pourtant, le chiffre montre également que nous ne sommes pas encore tout à fait à l’abri. Bien que les personnes âgées et les autres personnes vulnérables soient désormais largement vaccinées, certaines personnes se retrouvent encore à l'hôpital. Actuellement, seuls 50 % de la population belge sont entièrement vaccinés. Dans le groupe restant sans vaccination (complète), le risque d'hospitalisation est plus faible, mais pas inexistant. Même les jeunes sans pathologies latentes peuvent se retrouver à l'hôpital."

À mesure que la couverture vaccinale augmente, les hospitalisations, les décès et les infections continueront de diminuer. "Si l'on ne tient pas compte des nouveaux variants qui pourraient encore venir perturber les choses, cela reste à voir", précise Geert Molenberghs. "Ce qui est certain, c'est que sans la vaccination, le comportement actuel dans notre pays aurait provoqué une vague beaucoup plus importante de contaminations."

Il est important d'éliminer progressivement les mesures, étape par étape", conclut le biostatisticien. "Admettons que les chiffres augmentent à nouveau légèrement prochainement, mais que les hospitalisations continuent de baisser, alors nous nous en sortons bien. Les événements de masse tels que Pukkelpop n'entrent pas dans le cadre de cette stratégie prudente. On peut le constater aux Pays-Bas et en Espagne, par exemple, où ils doivent à nouveau resserrer la vis en raison d'assouplissements trop importants."

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