La ministre Demir appelle les autorités locales à ne plus construire dans des zones inondables

La ministre flamande à l’Environnement (photo), Zuhal Demir (N-VA), lance un appel aux villes et communes pour qu’elles n’octroient plus de permis de bâtir pour des zones dont il est clair qu’elles présentent un risque d’être inondées. "Investir dans pareilles zones revient à investir dans sa propre souffrance", estime la ministre. Elle est donc contente que la commune de Meise annule un projet de construction de 300 logements sociaux dans une zone à risque.

Trois cents nouveaux logements sociaux devaient être construits dans une zone inondable dans la commune brabançonne flamande de Meise. Mais à la suite des intempéries qui ont sévèrement touché le pays mi-juillet, les autorités communales ont décidé de ne pas installer le projet à l’endroit prévu initialement. "Moi-même, j’ai eu les pieds dans la boue et de l’eau jusqu’aux genoux", expliquait la bourgmestre Gerda Van den Broucke (N-VA) à VRT NWS.

"Il ne serait pas responsable de poursuivre le projet de construction. C’est s’attirer des problèmes. Nous devons penser à l’avenir, tant qu’il est encore temps. Les logements sociaux devront certainement être construits, mais nous allons les étaler dans l’espace et chercher un endroit plus adéquat pour les bâtir".

La décision de Meise satisfait la ministre Demir. "Investir dans ce type de zones, c’est investir dans sa propre souffrance. Si nous utilisons pareilles zones pour donner davantage d’espace à la nature humide, c’est bon pour compenser notre problème de manque d’eau et cela protège nos maisons d’éventuelles inondations futures", estime Zuhal Demir.

Quelque 1.600 hectares

"Nous avons demandé à toutes les villes et communes d’examiner où elles souhaitaient encore bâtir. Beaucoup d’entre elles font actuellement déjà cet exercice de façon très précise. A côté de cela, nous allons laisser reposer progressivement quelque 1.600 hectares de terrain. Il s’agit de terrains dans des zones habitables, des zones industrielles ou de récréation pour lesquels on hésite à l’heure actuelle s’il faut y construire ou pas. Mais sur les cartes, nous voyons qu’il s’agit de zones qui risquent d’être inondées. Nous allons donc décider de ne plus y construire. Nous avons libéré 15 millions d’euros pour cela".

La ministre régionale de l’Environnement reconnait que les compétences pour allouer des permis de bâtir reviennent en définitive aux autorités locales et que celles-ci peuvent prendre d’autres décisions, mais elle ne s’avoue pas vaincue. "C’est chercher les problèmes. L’évaluation aquatique est claire : si elle est négative, on ne peut allouer de permis. En tant que gouvernement flamand, nous allons aussi systématiquement nous opposer à ce type de permis de bâtir dans des zones inondables", concluait la ministre Demir.

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