Groen estime que l’application Coronalert doit être progressivement abandonnée

Les écologistes flamands estiment que l’application Coronalert, qui permet de signaler une infection au coronavirus de façon anonyme à des contacts afin qu’ils puissent se faire tester, doit être abandonnée progressivement. D’après Groen, l’app ne représente actuellement aucune valeur ajoutée.

Le député écologiste Jeremie Vaneeckhout a demandé au ministre flamand de la Santé Wouter Beke (CD&V) les chiffres concernant l’application Coronalert. Il en ressort que celle-ci a partagé 27.800 résultats de tests positifs jusqu’à présent. "Cela ne représente que 2,7% de tous les tests corona positifs depuis le lancement de l’application, il y a près d’un an", conclue Vaneeckhout. "Je ne pense pas que l’on puisse considérer cela comme un grand succès".

Groen réclame une évaluation approfondie de l’application et souhaite que le ministre Beke ne fasse plus aucune nouvelle dépense pour ce projet. "Avec 2.758.000 téléchargements de l’app, nous arrivons à un taux de couverture de 30% seulement de tous les utilisateurs de smartphones", constate Jeremie Vaneeckhout. "Quelque 806.000 résultats ont été signalés via l’application, dont 76.000 positifs. Mais seulement 27.800 tests positifs ont effectivement été partagés via l’app avec d’autres contacts. Avec un investissement de 1,25 million d’euros à la clef, on peut se demander si l’app est jamais parvenue à remplir sa fonction d’outil de lutte contre l’épidémie".

Le parti propose donc de réduire progressivement l’utilisation de l’application et ne lui voit pas non plus jouer un rôle pendant de grands événements. "Il est important de prendre encore toujours des précautions pour éviter une contamination, mais Groen estime que l’app Coronalert n’offre plus de valeur ajoutée".

Avis contrastés

Pour rappel, en mai dernier, le professeur en médecine Jan De Maeseneer (UGent) avait déjà indiqué, lors d’une audition au Parlement flamand, que l'application Coronalert lancée l'an dernier n'a fourni "aucune contribution" dans la lutte contre la pandémie.

Interrogée également par les députés flamands, Karine Moykens, responsable du comité interfédéral Testing et Tracing, n'avait pas partagé cette analyse. Selon elle, l'application pouvait être un "instrument complémentaire" important dans les prochains mois. Mais d’après le Pr De Maeseneer, sa contribution ne peut être démontrée. "Il n'y a aucune preuve scientifique pour cela. Si on avait vraiment voulu qu'elle ait un impact, il aurait fallu la rendre obligatoire, comme c’est le cas à Singapour", avait ajouté le professeur.

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