De plus en plus de demandes de toitures végétales en Belgique

De plus en plus de toitures végétales sont installées dans notre pays. Les installateurs de ces "toitures vertes" parlent d'une augmentation constante de la demande. Ce système est non seulement intéressant à des fins d'isolation ou pour prolonger la durée de vie d'un toit, mais peut également jouer un rôle dans la prévention des inondations et des sécheresses. "Le changement climatique va encore accroître la demande", affirme Yves Heirman, de la nouvelle Fédération belge de la végétalisation des façades et des toitures.

Une enquête menée par la VRT NWS auprès de divers installateurs de toitures végétales et d’entrepreneurs de jardinage montre que la demande de toitures végétales est en hausse, en Belgique. "C'est un secteur en forte croissance depuis quelques années", affirme Yves Heirman, directeur de la Fédération belge des toitures vertes (BFG).

Une toiture végétale est une sorte de petit jardin que vous installez ou faites installer sur votre toit. La forme la plus courante est le toit vert dit "extensif". Il s'agit d'une sorte de couverture de toit verte, généralement composée de mousses et de sedums ou d'herbes et de graminées. Un toit vert étendu peut être posé sans permis de construire, mais il n'est pas destiné à être piétiné. Lorsqu'il s'agit d'un véritable jardin sur le toit, avec une végétation plus intensive, on parle alors de toit vert "intensif".

Et si on végétalisait nos toitures

Les premiers toits verts ont été installés dans notre pays il y a une quinzaine d'années. Le Groenbedrijf Van Vlierden de Pelt (Limbourg) était l'un des pionniers en Flandre. Roger Verpoort, directeur des ventes, a vu le secteur se développer d'année en année. "Bien qu'il s'agisse encore d'un secteur relativement réduit, le marché s'est clairement développé ces dernières années. Nous recevons de plus en plus de demandes. Notre surface de pose augmente de 15 à 20 % d'année en année. Actuellement, nous posons 2 000 à 3 000 m² de toiture végétale par semaine."

C'est ce que confirme Yves Heirman, qui, en tant que directeur de la BFG, est également l'initiateur de la Fédération belge pour la végétalisation des façades et toitures, récemment créée. "Aux Pays-Bas, ils sont encore plus avancés que nous, mais chez nous aussi, on voit que le marché est en nette progression. Si l'on regarde les sept dernières années, on constate une croissance quasi exponentielle, entre 10 et 15 % par an".

Notre surface installée de toits verts augmente de 15 à 20 % d'année en année.

Roger Verpoort, gérant de Groenbedrijf Van Vlierden de Pelt

Au départ, ce sont surtout les gouvernements et les entreprises qui ont installé des toitures végétales, mais ces dernières années, l'intérêt s'est également accru chez les particuliers. "Nous avons vu les toits verts passer de quelque chose d'exotique à quelque chose dans lequel les particuliers investissent également de plus en plus", déclare Glenn Hermans de Green Plan à Heffen. Il a constaté une augmentation particulièrement forte de la demande l'année dernière, qu'il attribue toutefois en partie à la crise sanitaire. "Beaucoup de gens n'ont pas pu partir en vacances l'année dernière, ils ont donc investi davantage dans leur propre maison.

Un remède contre les inondations ?

Selon Yves Heirman, les récentes inondations prouvent la nécessité de végétaliser davantage les toits. "On peut voir un toit végétal comme une sorte d'éponge", explique Yves Heirman. "Les plantes poussent sur une couche de substrat qui absorbe l'eau de pluie pendant les averses. Une partie de l'eau absorbée s'évapore alors, le reste est retardé et évacué. Cela réduit la quantité totale à évacuer et le débit de pointe lors d'une averse. C'est ainsi que nous soulageons la pression sur notre système d'égouttage".

Les toits verts permettent donc de mieux réguler les eaux de pluie. Mais cela ne signifie pas qu'ils sont une solution miracle. "Aujourd'hui, les toits verts ont une capacité moyenne d'absorption d'environ 35 litres par mètre carré", explique Roger Verpoort. "C'est beaucoup, mais en cas de précipitations extrêmes, un toit sera saturé à un moment donné et le reste s'écoulera dans les égouts. Il faut donc le considérer avant tout comme l'un des moyens de lutte contre les inondations. Les architectes sont désormais tenus de conserver l'eau de manière à ce qu'elle s'écoule le moins possible dans les égouts. En ce sens, les toits verts sont intéressants".

"Les toits verts ne doivent pas devenir un argument pour commencer à légitimer le bétonnage", déclare également Filiep Bouckenooghe, de l'Association flamande pour la verdure publique. "La mise en œuvre d'un toit vert dans un projet de construction peut fournir un tampon pour l'eau, mais c'est l'étape précédente qui reste la plus importante : donnons dans nos villes la place à l’eau qu'elle doit avoir ? Évitons la poursuite du bétonnage reste une priorité, bien sûr. Mais là où la construction est ou a été réalisée, les toits verts seront certainement un facteur important."

Rendre les villes à l'épreuve du climat

Les experts s'accordent à dire que les toits verts joueront un rôle important pour rendre nos villes respectueuses du climat. Un toit vert permet non seulement d'éviter les inondations, mais aussi de rafraîchir les villes où la chaleur se prolonge. En été, les centres-villes souffrent souvent de "stress thermique", explique Yves Hermans. 

"Il y fait plusieurs degrés de plus car les bâtiments absorbent beaucoup de chaleur. C'est beaucoup moins le cas avec une toiture végétale, car les plantes réfléchissent la chaleur et refroidissent également l'air en évaporant l'humidité."

Éviter la poursuite du bétonnage est une priorité, mais là où il y a ou a eu des constructions, les toits verts seront certainement un facteur important dans la lutte contre les inondations.
Filiep Bouckenooghe, directeur de l'Association flamande pour la verdure publique.

Un toit vert présente également de nombreux avantages pour le client ou le propriétaire. Par exemple, un toit vert stabilise la température du bâtiment, ce qui peut réduire les factures d'énergie. En été, il a un effet rafraîchissant, et en hiver, il isole. Pour la même raison, les panneaux solaires augmentent également l'efficacité lorsqu'ils sont associés à un toit vert. En outre, la durée de vie d'un toit vert est souvent deux fois supérieure à celle d'un toit ordinaire. Le revers de la médaille, c'est l'entretien (deux fois par an) et le coût.

Obligatoire sur les nouveaux bâtiments

Ces dernières années, de nombreuses villes et communes ont mis l'accent sur les toitures végétales. Dans certaines villes, comme Anvers et Louvain, la végétalisation des toits est même obligatoire pour tous les nouveaux bâtiments. Dans d'autres villes, vous recevez une prime lorsque vous installez un toit vert. Le montant de cette prime diffère d'un endroit à l'autre. À Malines, par exemple, vous obtenez une prime de 31 euros par mètre carré. À Gand, cela peut aller jusqu'à 45 euros par mètre carré et jusqu'à un plafond de 50 000 euros par bâtiment.

Le gouvernement flamand stimule également l'installation de toits verts. Par exemple, il n'y a aucune obligation d'installer une citerne d'eau de pluie si votre toit est entièrement recouvert de végétaux. Si votre toit n'est que partiellement recouvert, vous ne devez pas inclure cette partie dans le calcul du contenu minimal de votre citerne.

Cependant, tous les experts ne sont pas favorables à cette dernière mesure. Une citerne, si elle est correctement installée et utilisée, reste un moyen intéressant de soulager les égouts. "La gestion des précipitations extrêmes reste une question de choix entre les deux", déclare Yves Heirman. "Les toits verts ont un rôle à jouer dans ce domaine, tout comme les citernes".
 

Une nouvelle fédération

La croissance du marché des toits verts (et de la verdure en façade, qui est souvent fournie par les mêmes entrepreneurs) est en tout cas illustrée par la création récente de la Fédération belge de la verdure en façade et en toiture. Elle a été lancée en mai dans le cadre de la Confédération de la construction en collaboration avec la Fédération belge de la verdure (BFG).

Les toits végétalisés constituent une solution à portée de main face aux changements climatiques, mais sont encore trop peu connus du grand public.

Yves Heirman, initiateur de la Fédération belge pour la végétalisation des façades et des toits.

"La verdure et la construction sont deux activités qui vont de plus en plus de pair", déclare Yves Heirman de la BFG. "C'est pourquoi nous avons décidé de collaborer plus intensément il y a deux ans. Les jardins sur les toits (et les façades vertes) soulignent évidemment encore plus l'importance de cette coopération. En d'autres termes, un couvreur n'est pas un expert en écologie et l'expert en écologie n'est pas un couvreur. Cela doit être fait en coopération."

"Avec la nouvelle fédération, nous voulons informer et former correctement davantage d'entrepreneurs, clarifier les exigences et les normes relatives aux toits verts et informer les décideurs sur les opportunités, les goulets d'étranglement et les propositions d'action", déclare Yves Heirman. 

"Les toits verts constituent une solution à portée de main face aux changements climatiques, mais sont encore trop peu connus du grand public. De plus en plus de particuliers s'y intéressent, mais beaucoup considèrent encore qu'il s'agit d’un "coût financier personnel et d’avantages pour les autres (la société)". Nous voulons changer cela."

Les plus consultés