Dans le plus grand secret, la Belgique a conduit 250 personnes en bus vers l’aéroport de Kaboul

Dans la nuit de lundi à mardi, la Belgique est parvenue à exfiltrer quelque 200 à 250 personnes de la capitale afghane vers son aéroport. C’est ce qui ressort de témoignages filmés reçus par VRT NWS mardi soir et de contacts réguliers de citoyens concernés avec le journaliste Majd Khalifeh. Jusqu’à présent, les personnes à évacuer étaient priées de se rendre de leur propres moyens à l’aéroport, mais cela devenait pratiquement impossible. L’opération d’évacuation est donc sortie du terrain de l’aéroport de Kaboul, mais aucun soldat belge n’est entré dans la ville.

D’après les informations reçues par VRT NWS, les Belges et personnes ayant un lien avec la Belgique qui devaient être évacués ont reçu des instructions précises mais dépourvues de détails. Ils ne savaient par exemple pas où ils étaient conduits. Le rendez-vous leur a été donné dans un lieu tenu secret, d'où ces personnes ont pu être raccompagnées avec l'aide de cinq bus vers l’aéroport de la capitale afghane. Ce mercredi, le gouvernement fédéral n'a voulu ni confirmer ni infirmer la nouvelle.

Toujours selon les informations reçues par VRT NWS de Belges et Afghans rapatriés, l’opération a duré plusieurs heures. Il n’y avait pas de militaires belges dans la ville pour accompagner l’opération. La tension est montée dans les environs de l’aéroport, lorsque les bus ont dû passer par un contrôle de talibans. Mais finalement les quelque 250 personnes sont parvenues saines et sauves à l’aéroport, pour y être emmenées en avion à Islamabad.

Un rôle important pour le Pakistan ?

Il y a quelques jours encore, le Premier ministre Alexander De Croo indiquait que l’armée belge n’a pas la capacité pour mener elle-même des "extractions" risquées à Kaboul. A proprement parlé, l’opération de la nuit de lundi à mardi n’était pas une extraction, étant donné qu’elle n’impliquait pas de soldats. Mais il s’agissait d’une "évacuation coordonnée".

Des questions demeurent à propos du cadre précis de cette opération. VRT NWS estime qu’il se pourrait que l’opération ait été menée avec la collaboration du Pakistan, le pays voisin de l’Afghanistan qui possède de bons rapports avec les talibans. Le Pakistan a d’ailleurs organisé ces derniers jours d’autres opérations d’évacuation pour d’autres pays et organisations internationales, indiquent leurs canaux officiels.

La Belgique travaille de toute façon en étroite collaboration avec le Pakistan pour l’opération d’évacuation Red Kite. Ses C-130 utilisent l’aéroport d’Islamabad comme base. Ce mercredi matin, le Premier ministre Alexander De Croo remerciait le Premier ministre pakistanais via Twitter, en affirmant qu’il avait eu un entretien avec lui cette nuit encore.

L’opération dans la ville était en tous cas très délicate. Le Premier ministre belge ne l’a pas non plus confirmée ni infirmée. A l’agence de presse Belga, Alexander De Croo déclarait ce mercredi : "Nous nous concentrons sur les activités à l’aéroport. Il y a très peu de pays qui organisent eux-mêmes des extractions militaires. Mais nous utilisons de nombreuses méthodes pour aider les gens à arriver le plus facilement possible à l’aéroport de Kaboul".

BELGA

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