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Les laptops gratuits du ministre Weyts peuvent coûter plus de 500 euros aux parents

Le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts, a débloqué 375 millions d’euros pour que chaque élève dès la 5e année primaire puisse recevoir un ordinateur portable à ramener chez lui pour faire ses devoirs. Gratuitement, en théorie, mais dans la pratique certains parents devront débourser plus de 500 euros, indiquent ce jeudi De Standaard et Het Nieuwsblad. Si l’on en croit une enquête réalisée par ces quotidiens, il y a de grosses différences dans la quote-part que les parents doivent débourser pour équiper leur enfant.

Le ministre Weyts a estimé que ce budget - qui revient à 500 euros par élève - suffit et qu’il est de la liberté de chaque école de demander ou pas une quote-part aux parents, mais aussi de leur responsabilité d’éviter des coûts trop élevés aux familles. L’enquête réalisée par Het Nieuwsblad révèle que les différences sont grandes : cela va d’une petite somme de location pour le laptop à plusieurs centaines d’euros. A l’Athénée de Tervuren (Brabant flamand), par exemple, les parents devront payer 510 euros pour un laptop qui a coûté 774 euros.

La coupole de l’enseignement catholique a aussi calculé que le montant promis par le ministre Weyts pour l’enseignement secondaire ne correspond pas à la réalité, parce que calculé sur d’anciens chiffres d’élèves. "Ainsi, 460.000 PC portables sont nécessaires au lieu des 441.000 prévus. En réalité, les écoles ont ainsi reçu 489 euros par élève. Mais pour une école de 1.000 élèves cela représente un trou de 21.000 euros", indique la coupole. De l’argent que les établissements doivent tenter de récupérer d’une façon ou d’une autre.

2014 Photothek

"La facture maximale nécessaire aussi dans le secondaire"

Le parti socialiste d’opposition Vooruit estime que la lourde quote-part que doivent payer les parents dans certaines écoles - alors que nombre d’entre eux n’en ont pas les moyens financiers - illustre une nouvelle fois la nécessité d’instaurer dans l’enseignement secondaire, comme c’est le cas dans le primaire, une facture maximale pour les familles.

La députée flamande Hannelore Goeman est furieuse. "De cette façon, des enfants se retrouveront à nouveau sans laptop à l’école et le "saut digital" du ministre Weyts ne fera que renforcer la fracture numérique". Goeman et le Vooruit plaident en faveur d’une éducation abordable. "Seule la facture maximale garantira que tous les parents puissent payer et que le matériel nécessaire pour atteindre les objectifs finaux scolaires, comme un PC portable, soit effectivement mis à disposition gratuitement par les écoles".

Enfin des critiques s’élèvent par rapport à la rapidité de mise en place du projet numérique de Ben Weyts. Les méthodes d’enseignement et les enseignants ne seraient pas encore prêts. A quoi le ministre flamand (photo) répond qu’une période de rodage de 3 ans sera laissée aux écoles.

Nicolas Maeterlinck

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