Nouvel atterrissage d’un vol d’évacuation à Melsbroek, l’opération Red Kite suspendue

Un vol charter d'Air Belgium a atterri à l'aéroport militaire de Melsbroek, en Brabant flamand, ce jeudi matin peu avant 9h. L'avion transportait 220 personnes, évacuées d'Afghanistan en passant par l’aéroport d’Islamabad, au Pakistan. Lors d’une conférence de presse donnée ce jeudi matin, le Premier ministre Alexander De Croo, la ministre des Affaires Etrangères Sophie Wilmès, la ministre de la Défense Ludivine Dedonder et le Secrétaire d’Etat à la Migration Sammy Mahdi ont confirmé que la Belgique mettait un terme à l’opération d’évacuation baptisée Red Kite, en raison d’une dégradation de la situation à l’aéroport de Kaboul mais aussi après avoir reçu l’information, au niveau militaire, d’une menace d’un attentat-suicide imminent à l’intérieur de la foule de citoyens rassemblés à l’aéroport.

L’appareil arrivé ce jeudi matin à Melsbroek (vidéo) avait décollé d'Islamabad la nuit dernière. Outre les Belges, 29 Néerlandais et 4 Autrichiens se trouvaient à bord. Ces derniers jours, sept vols ont été opérés depuis Islamabad vers l’aéroport militaire brabançon avec des personnes évacuées de Kaboul.

A leur arrivée en Belgique, les passagers de ces vols ont été emmenés à la caserne de Peutie (près de Vilvorde, en Brabant flamand) pour un screening de sécurité et médical.

Mercredi soir, le gouvernement belge annonçait qu’il mettait fin à l’opération d’évacuation depuis Kaboul, en raison de la dégradation de la situation sur le terrain. "Depuis 21h30 (heure belge), tout le personnel de l'opération Red Kite et les personnes évacuées sont rassemblées à Islamabad. La Belgique poursuivra le rapatriement vers notre pays des personnes évacuées et du contingent de l'opération Red Kite dans les prochains jours", indiquait un communiqué en milieu de soirée.

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Plus de 1.400 personnes évacuées

Au total, l'opération belge Red Kite a permis d'évacuer 1.400 personnes de Kaboul vers la capitale pakistanaise Islamabad, a indiqué ce jeudi matin le Premier ministre, Alexander De Croo (photo). Les C-130 de la Défense ont effectué 23 rotations au total. Le gouvernement met un terme à la première phase de l'opération d’évacuation en raison d'informations provenant des Etats-Unis sur la situation sécuritaire à l'aéroport de Kaboul, notamment le risque d'un attentat suicide imminent.

"La situation autour de l’aéroport de Kaboul est particulièrement chaotique et dangereuse depuis le début de l’opération", indiquait De Croo. "Au courant de la journée d’hier nous avons appris au niveau militaire, depuis les Etats-Unis et d’autres pays, qu’il y avait une menace d’attentat suicide venant de la foule de civils rassemblés à et autour de l’aéroport de Kaboul".

Ces derniers jours, il était de plus en plus difficile d’atteindre l’aéroport. "La sécurité a toujours été notre première priorité", indiquait le Premier ministre pour expliquer l’arrêt de l’opération. "Mais nous nous rendons bien compte qu’il reste encore des gens à Kaboul". Les Affaires Etrangères tentent maintenant de prendre contact avec celles-ci. Pour rappel, l’un des bus qui étaient allés chercher des personnes à évacuer dans la ville de Kaboul mercredi a été contrôlé par des talibans. Les nombreux passagers en sont descendus et ont finalement été dispersés, alors qu’ils étaient pratiquement à hauteur de l’appareil qui devait les amener vers Islamabad.

Selon les informations reçues par VRT NWS de l’un des passagers du bus, aucun coup de feu n’aurait par contre été tiré vers le car "belge" en particulier, contrairement à ce qui avait été supposé hier soir.

La Belgique contacte les personnes restées à Kaboul

"Il y a eu une communication mercredi des Affaires Etrangères vers les personnes que nous pouvions joindre sur place en Afghanistan, pour les prévenir que le danger a nettement augmenté ces derniers jours. Nous constations aussi que les portes de l’aéroport étaient pratiquement en train de se fermer et que très peu de personnes parvenaient encore à y entrer".

"Il est aussi clair qu’il ne sera bientôt plus possible de maintenir l’aéroport opérationnel comme ce fut le cas jusqu’à présent. Nous ne voulions pas arriver à une situation où nos militaires, nos diplomates et éventuellement des personnes que nous devions encore évacuer ne puissent plus quitter l’aéroport de Kaboul", précisait Alexander De Croo.

Qui se trouve encore en Afghanistan ?

Le gouvernement se rend compte qu’il reste des citoyens à Kaboul ou ailleurs en Afghanistan qui comptaient sur l’évacuation belge, précisait ce jeudi la ministre des Affaires Etrangères Sophie Wilmès. "Nous avons contacté 114 personnes dont nous ne savons pas avec certitude si elles ont quitté ou non Kaboul".

Selon la ministre, les chiffres sont instables et évoluent sans cesse. Il se pourrait que certaines personnes aient pu quitter l’Afghanistan via d’autres canaux. "Nous les avions d’abord prévenues que nos C-130 ne pourraient plus voler vers Islamabad. Et nous leur avons demandé de prendre contact avec l’ambassade de Belgique si elles voulaient encore être rapatriées". Selon Sophie Wilmès (vidéo de la conférence de presse), le gouvernement aurait reçu douze réponses.

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