"Une pension anticipée après 42 ans de carrière et une pension minimale après 10 ans" : voici le plan de Karine Lalieux

Tous les Belges pourront prétendre à une pension anticipée dès 60 ans s'ils affichent une carrière de 42 ans et toucheront un bonus s'ils travaillent plus longtemps, annonce la ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS), qui présente sa proposition sur la réforme des retraites ce vendredi dans plusieurs journaux.

L'un des gros dossiers de cette rentrée politique est sans conteste la réforme des pensions. Le mois dernier, le président de l'Open VLD, Egbert Lachaert, avait proposé de mettre en place des conditions plus strictes pour toucher la pension minimale de 1 500 euros. Il proposait de fixer le droit à cette pension après avoir travaillé de manière effective pendant au moins 20 ans.

Ses partenaires socialistes de coalition au niveau fédéral n’avaient pas apprécié. Le président du PS Paul Magnette avait parlé de provocation et Conner Rousseau de Vooruit estimait de son côté que c’était aller beaucoup trop loin car cela signifierait que les personnes malades ou qui ont été longtemps au chômage seraient pénalisées une deuxième fois.

La ministre des Pensions Karine Lalieux (PS) n'est pas d'accord non plus avec la proposition d’Egbert Lachaert (Open VLD). "Je pense que c'est une très mauvaise proposition", déclare-t-elle. "Je pense que tous les retraités devraient pouvoir bénéficier d'une bonne pension. Et à présent elle présente sa propre proposition.

Que comprend son plan ?
 

1. Un pension minimale à partir de 10 ans de carrière

La ministre rejoint en partie son partenaire de coalition libéral. Elle veut faire en sorte que la pension minimale possible si vous avez travaillé pendant 10 ans, soit d'un tiers de ce temps en moyenne. Il faut également tenir compte des jeunes qui ont fait un apprentissage ou travaillé comme étudiants en début de carrière (premières années de travail qui ne comptent pas pour la pension) et des femmes qui ont plus souvent travaillé à temps partiel ou sont restées à la maison pour les enfants.

Comme annoncé précédemment, la pension minimale - pour ceux qui ont travaillé pendant 45 ans - augmentera de 11 % d'ici 2024, pour atteindre 1 500 euros nets.
 

2. Une pension anticipée dès 60 ans après 42 ans de carrière

La ministre propose d'instaurer un "âge de la retraite souple": tous les travailleurs qui afficheront 42 ans de carrière à leur compteur pourront désormais accéder à la retraite anticipée dès 60 ans.

Pour le moment, pour partir à 60 ans, il faut 44 ans de carrière, il en faut 42 pour partir à 63 ans et 43 pour partir à 61 ou 62 ans. Pour Karine Lalieux, ce système était injuste: "Les personnes qui n'ont pas fait de longues études, qui ont commencé à travailler très jeunes, souvent dans des métiers pénibles et qui ont une espérance de vie plus courte doivent travailler plus longtemps avant de pouvoir partir à la pension anticipée. Nous mettons fin à cette injustice sociale".
 

3. Bonus pension et pension à temps partiel

Consciente de l'importance de maintenir les gens plus longtemps à l'emploi pour garantir la soutenabilité du système, la ministre des Pensions propose également deux "incitants positifs" à ceux qui poursuivront leur job après 42 ans de carrière: un bonus pension et une pension à temps partiel, laquelle pourra être prise à mi-temps ou à 1/5 temps.

La ministre assure aussi dans les journaux Le Soir et Sudpresse vouloir peu à peu éliminer de manière structurelle les inégalités subies par les femmes. "L'écart salarial entre hommes et femmes est de 23 % au détriment des femmes, bien sûr. Au niveau des pensions, on monte à 33 %. Les femmes s'occupent souvent des enfants, des parents âgés. Parfois, on ne leur offre que des métiers à mi-temps et si elles n'ont travaillé qu'à temps partiel, elles n'auront pas droit à la pension minimum, etc. J'ai donc fait valoriser de 33 % ce calcul proportionnel, soit une mesure positive pour les femmes et les temps partiels".

Mme Lalieux garantit enfin que sa réforme est neutre budgétairement mais aussi que "ce n'est pas une réforme pour faire des économies": "Les pensions ne sont pas une variable d'ajustement. Le système de pensions, ce n'est pas un coût, c'est l'ensemble des revenus de 2,2 millions de personnes aujourd'hui (...) Du reste, ces gens dépensent, sont des vecteurs de croissance".

Les textes, à négocier au sein de la coalition Vivaldi, seront déposés lundi.
 

Les plus consultés