Les hôpitaux repassent à la phase 1A en réservant aux patients Covid 25% des lits en soins intensifs

En raison du nombre croissant de patients Covid-19 admis à l'hôpital, le Comité Hospital & Transport Surge Capacity appelle tous les hôpitaux du pays, s’ils ne l’ont déjà fait, à passer à la phase 1A du Plan de capacité d’ici le 15 septembre, afin qu’un quart des lits en soins intensifs soient réservés aux patients atteints de coronavirus. Une note de l’organe consultatif indique d’autre part que douze établissements hospitaliers belges sont dès lors à nouveau contraints de reporter les soins réguliers non urgents.

Entre le 1er et le 7 septembre, une moyenne quotidienne de 70 nouveaux patients atteints de Covid-19 ont été admis à l’hôpital, ce qui représente une augmentation de 14% par rapport aux 7 jours précédents. Quelque 225 patients séjournent aux soins intensifs, soit 18% que pendant la période précédente.

Le Comité Hospital & Transport Surge Capacity suit les chiffres de l’épidémie à la trace et demande donc aux hôpitaux belges généraux et universitaires de repasser de façon préventive à la phase 1A endéans une semaine.

Cela signifie que 25% des lits aux soins intensifs sont réservés aux patients Covid. Concrètement, cela veut dire que 500 des 2.000 lits disponibles dans l’ensemble des départements de soins intensifs sont gardés libres.

Qui sont les patients atteints de Covid qui doivent être hospitalisés actuellement ? Les chiffres de l’institut de santé publique Sciensano indiquent qu’il s’agit essentiellement de personnes qui ne sont pas vaccinées. C’est avant tout dans la tranche d’âge des 20 à 39 ans que le nombre d’hospitalisations augmente davantage. Ce groupe de citoyens comprend aussi un pourcentage plus élevé de personnes qui n’ont encore reçu qu’une dose de vaccin.

"Le retard sur les opérations non urgentes pas rattrapé avant 2022"

Une note du Comité Hospital & Transport Surge Capacity, consultée par l’agence Belga, indique que douze établissements hospitaliers belges sont dès lors à nouveau contraints de reporter les soins réguliers non urgents. Certains chefs de services tirent à nouveau la sonnette d’alarme. Ainsi Gert Van Assche, médecin-chef à l’hôpital universitaire de Louvain, indique que le retard pris sur les interventions chirurgicales non urgentes, qui ont été reportées du fait de la crise sanitaire, ne sera pas rattrapé avant au moins début 2022. En 2020, l’UZ Leuven a enregistré une baisse, équivalente à celles des autres établissements hospitaliers du pays, du nombre de transplantations et d'opérations cardiaques réalisées.

"De nombreux patients n'ont pas pu être opérés pendant la crise du coronavirus parce qu'il fallait libérer des lits en soins intensifs pour les personnes atteintes du Covid-19", a expliqué Gert Van Assche. "Et ce retard dans les opérations non urgentes" - en orthopédie par exemple - "ne sera pas résorbé avant début 2022".

Mais des opérations urgentes ont également dû être reportées. En cardiologie, c'est jusqu'à 15% de patients en moins qui ont été opérés en 2020 par rapport à 2019, selon le médecin-chef du service, Bart Meyns. "Cela concernait principalement les interventions cardiaques planifiées, que ce soit chez les adultes ou les enfants. Nous avons donné priorité aux interventions les plus urgentes. Nous notons également une diminution de 50% des greffes cardiaques parce que nous avons eu moins de donneurs. De même, moins d'inscriptions concernant des problèmes cardiaques urgents ont été constatées par rapport à d'habitude : on parle de 70% en moins de patients venus pour une dissection aortique, ou encore de sensiblement moins d'infarctus aigus", témoigne le cardiologue, soupçonnant derrière la réalité de ce constat, la réticence des gens à se rendre à l'hôpital durant la crise sanitaire.

L'UZ Leuven a également constaté une diminution du nombre de greffes effectuées. "Durant la crise du coronavirus, nous avons noté une diminution de 20% d'organes utilisables en raison de problèmes de capacité dans les unités de soins intensifs. Cela a eu un impact majeur sur les transplantations rénales, hépatiques et cardiaques" - 20% en moins pour les reins, 20% en moins pour les foies et 50% en moins pour les cœurs en 2020 à l'UZ Leuven, par rapport à 2019-, déclarait le professeur Dirk Van Raemdonck, chirurgien spécialiste des transplantations pulmonaires et président du conseil des transplantations à l'UZ Leuven.

"Actuellement, nous réalisons autant de greffes qu'avant la pandémie, mais les listes d'attente restent longues. C'est dû au fait que nous avons fait moins de greffes en 2020, mais aussi parce que moins de candidats potentiels à la transplantation ont pu être examinés."

UZ Leuven

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