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Le tribunal se dit incompétent dans l’affaire opposant un Néerlandais au virologue Marc Van Ranst

Le tribunal correctionnel de Malines s'est déclaré incompétent jeudi dans le traitement de l'affaire opposant le Néerlandais Willem Engel au virologue Marc Van Ranst. Il estime que le dossier relève du délit de presse qui, en Belgique, est jugé aux assises. Willem Engel avait assigné Marc Van Ranst en justice pour diffamation. Il lui reprochait de l'avoir qualifié d'escroc, de négationniste du virus et d'extrémiste, sur Twitter et dans la presse. 

Le camp de M. Engel estimait que cela avait porté au préjudice du Néerlandais, l'avait exposé à un mépris du public, et que de tels propos sortaient du champ de la liberté d'expression.

Le parquet avait requis l'irrecevabilité des poursuites car cela concernait un délit de presse pour lequel seule une cour d'assises est compétente. Le tribunal a suivi ce raisonnement soulignant que les déclarations de Marc Van Ranst avaient été publiées sur Twitter et dans un quotidien.

Marc Van Ranst avait toutefois répété ses propos devant les caméras de télévision. L'avocat de Willem Engel, Michael Verstraeten, y a alors vu une faille dans la ligne de défense du célèbre virologue. "Les déclarations dans les médias audiovisuels ne sont évidemment pas imprimées. Est-il encore pertinent, dans le contexte actuel de télévision et de diversité de médias, de faire la différence entre poursuivre des propos dans les médias écrits et les poursuivre dans les médias audios? Peut-on inscrire comme délit de presse des insultes qui ne relèvent pas d'une opinion? Et où est la liberté d'expression? Est-ce simplement permis de dire des mensonges afin de porter atteinte à quelqu'un?"

Willlem Engel a entre-temps adressé deux assignations supplémentaires à l'égard de Marc Van Ranst. Une pour diffamation en télévision et une pour faux en écriture car M. Van Ranst "avait ajouté au stylo dans son dossier de preuves des remarques dont la partie adverse n'avait pas pu prendre connaissance au préalable", explique Me Verstraeten. 

Engel en appel, Van Ranst agacé

Willem Engel, fondateur du groupe militant Viruswaarheid, n'était pas présent à Malines jeudi et son avocat est arrivé plus tard car il avait d'autres affaires à plaider. Mais Me Michael Verstraeten a tout de même fait savoir que son client allait faire appel. La procédure sera traitée devant la cour d'appel d'Anvers, probablement l'an prochain.

Après le prononcé du tribunal, Marc Van Ranst a fait part de son agacement concernant ces procédures. "Leur défaite n'est pas une surprise dans la mesure où le ministère public avait déjà fait un réquisitoire en ce sens. Tous les avocats savent que les délits de presse sont jugés devant une cour d'assises. Ce procès ne leur a donc assuré qu'un peu de publicité supplémentaire. Ils ont une longue histoire des cours et tribunaux et il y a deux raisons à cela: la première s'explique par une volonté d'acharnement et d'abus de l'infrastructure des tribunaux, la seconde consiste en une tentative d'intimidation pour essayer de ne pas me faire dire certaines choses", a réagi le virologue.

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