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80 bénévoles du sud de la France se mobilisent pour aider les sinistrés des inondations à Trooz et Liège

Quatre-vingt bénévoles français sont arrivés en Belgique vendredi pour venir prêter main-forte aux bénévoles et sinistrés des intempéries de juillet à Trooz (province de Liège) et Liège, ont annoncé le Secours populaire français et le Secours populaire Wallonie-Bruxelles.

Deux bus spécialement affrétés par la fédération des Alpes-Maritimes du Secours populaire français sont arrivés après 15h00 de route avec plusieurs dizaines de bénévoles vendredi à Liège, ont précisé samedi les deux organisations dans un communiqué.

Après avoir aidé les régions sinistrées en octobre 2020 suite à la tempête Alex, plusieurs associations françaises comme "Aide aux Sinistrés", "Missions Trekkeurs", "Week-ends solidaires" ou encore le Secours populaire français se sont mobilisés dès ce samedi matin avec le Secours populaire de Wallonie Bruxelles et plusieurs collectifs de bénévoles flamands et wallons pour aider les sinistrés des inondations de juillet à Trooz et à Liège.
 

Une solidarité face aux effets du changement climatique

"Nous avons été très sensibilisés et très touchés. Très rapidement, des bénévoles ont souhaité mener une action et le Secours populaire a décidé de la mettre en œuvre ce week-end. À cette occasion, nous avons amené des bénévoles, mais aussi des sinistrés de la tempête Alex pour aller sur les chantiers solidaires. La priorité, c'était le partage d'expériences. L'objectif est d'envoyer un signe fort de solidarité européenne face aux effets du changement climatique car, en l'espace de moins d'un an, l'Europe a été frappée par plusieurs phénomènes de grande ampleur comme la tempête Alex et les inondations en Belgique, en Hollande et en Allemagne," a expliqué à l'agence Belga Jean Stellittano, secrétaire général du Secours populaire des Alpes Maritimes et secrétaire national.

Samedi vers 14h30, une quarantaine de maisons étaient en train d'être nettoyées et évacuées. Une aide qui permet de soulager et de soutenir les nombreux bénévoles belges issus de "l'Armée du Salut", "A Contre-Courant" et du "Collectif Tatou Ania," déjà à l'œuvre depuis plusieurs semaines. "Sans le soutien de ces équipes, j'avoue que j'allais craquer pour la première fois et ne pas tenir le coup. Sans eux, je ne sais pas comment j'aurais fait. C'est hyper enrichissant. On en a besoin. C'est ce qui me permet de tenir cette mission qui me tient à cœur et je veux aller jusqu'au bout," confie à l'agence Belga Tatou Ania, qui travaille depuis six semaines comme bénévole et coordonne son propre collectif dans les zones sinistrées.

Quatre associations françaises

L'ambiance et la coordination des équipes étaient plutôt bonnes samedi en milieu de journée. "C'est plutôt sympa et ça change des chantiers qu'on a l'habitude de faire. L'ambiance est plutôt conviviale. Réussir à fédérer comme cela autant d'associations dans un projet commun européen, c'est assez exceptionnel. Les quatre associations françaises sont assez complémentaires, chacune avec leurs compétences. On apprend assez vite et on a aussi des sinistrés qui sont sur place avec nous qui nous indique comment faire et sur quels endroits il faut se concentrer," raconte la bénévole de 29 ans qui est présente sur un chantier du quartier de la Brouck à Trooz.

La solidarité s'étend aussi au niveau logistique avec le soutien du Ministère de la Défense et le restaurant "Côté Cour/Côté Jardin" pour les repas. De nombreuses autres fédérations du Secours populaire français concourent au financement de cette grande opération de solidarité européenne.

L'aide du Secours populaire français va s'inscrire dans la durée sous une autre forme. "Nous sommes en train de faire un diagnostic des besoins en matériel pour que les fédérations des Secours populaires limitrophes de la Belgique puissent aussi collecter du matériel comme des sanitaires, des électroménagers, des déshumidificateurs et tout ce dont peuvent avoir besoin les sinistrés qui n'auront sûrement pas les sommes d'argent qu'ils espèrent auprès des assurances," détaille Jean Stellittano.

S'ils sont nombreux à s'être portés volontaires, la charge de travail reste encore énorme. "La situation est urgente et on a encore besoin de bénévoles, sinon cela pourrait encore durer un an, deux ans, voire trois," s'inquiète Tatou Ania.
Les bénévoles français travailleront encore jusqu'à dimanche soir avant de rentrer chez eux lundi dans la journée.

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