La police de Bruxelles ouvre une enquête après l’agression homophobe d’un journaliste de la VRT

La police de Bruxelles a ouvert une enquête sur l'agression homophobe dont a été victime le journaliste de la VRT, Riadh Bahri. C'est ce qu'a rapporté la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles Ilse Van de Keere. Notre collègue Riadh Bahri a signalé l'incident sur Twitter vendredi et a déposé plainte à la police.

Notre collègue a déposé une plainte pour agression homophobe et vol avec violence vendredi matin dans le quartier Anneessens, au centre de Bruxelles, a indiqué en fin de journée la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles Ilse Van de keere. Une enquête est en cours.

"J'ai été abordé en rue par quelqu'un qui demandait son chemin pour aller à la gare du Nord. J'ai été assez gentil et naïf et pour lui répondre". Il a alors reçu une gifle, un coup de pied et s'est fait arracher et voler sa chaîne en or. Il s'est aussi fait traiter de "sale pédé", selon ses déclarations sur Twitter.

La police s'est rendue sur place après l'incident. Riadh Bahri n'a pas de blessures physiques graves, mais il est sous le choc : "Pas de blessures visibles, mais j'ai mal à la poitrine et aux jambes après avoir reçu quelques gifles et des coups de pied. Je suis profondément choqué avant tout. Et en fait très triste."

Les policiers ont entamé une enquête de voisinage et cherchent à entendre d'éventuels témoins. Les images des caméras de surveillance vont aussi être exploitées.

La police demande de signaler tous les cas possibles d'homophobie

Au cours des six premiers mois de l'année, sept signalements ont été effectués dans la zone de police de Bruxelles-Capitale-Ixelles, dans lesquels une agression fondée sur l'orientation sexuelle était possible. "C'est assez peu, le seuil pour signaler de tels faits semble encore trop élevé", déclare Ilse Van de keere. Elle appelle donc toutes les victimes d’agression à porter plainte. "Elles peuvent bien sûr venir dans un de nos commissariats, mais elles ont aussi la possibilité de le faire en ligne via le site police-on-web. On a également un point de signalement spécifique sur polbru.be ou à la Maison Arc-en-ciel. Il s'agit d'un lieu de rencontre pour les associations LGBTQI+ (lesbiennes, gays, bi, trans, queers et intersexes) de la région de Bruxelles". Les personnes victimes d'agressions homophobes ne vont pas toujours porter plainte, commente la porte-parole de la police. "

Dans l’émission "De wereld vandaag" sur Radio 1 , le commissaire Olivier Slosse a expliqué les raisons pour lesquelles les victimes hésitent à porter plainte : "Il se peut que quelqu'un hésite par peur d'être dénoncé à sa famille. Mais la police ne fait pas cela. En tant que victime, vous ne savez pas toujours si votre orientation sexuelle a joué un rôle. C'est pourquoi il est important de transmettre ce que le suspect a dit." Selon le commissaire, la possibilité d'attraper l’auteur d’une telle agression après un signalement est toutefois réel : "Si vous déposez une plainte, la police recherchera des témoins et visionnera les images de caméra de surveillance. La description de l'auteur de l'infraction peut aussi éveiller l'attention des policiers de quartier."

Les plus consultés