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Pour Sophie Wilmès, Paul Rusesabagina n'a pas bénéficié d'un procès équitable

Paul Rusesabagina n'a pas bénéficié d'un procès équitable, a affirmé lundi la ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès (MR) après la condamnation de l'intéressé, citoyen de nationalité belge, à 25 ans de prison par un tribunal de Kigali pour terrorisme.

L'ancien directeur de l'Hôtel des Mille Collines à Kigali, connu pour avoir permis le sauvetage de plus d'un millier de personnes durant le génocide de 1994, a été reconnu coupable "d'avoir fondé et d'appartenir" au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d'avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019.

"À l'aboutissement de cette procédure judiciaire et malgré les appels répétés de la Belgique à ce sujet, force est de constater que Paul Rusesabagina n'a pas bénéficié d'un procès juste et équitable, particulièrement en ce qui concerne les droits de la défense. La présomption d'innocence n'a pas été respectée non plus. Ces éléments de facto remettent en question le procès et le jugement", a déclaré la cheffe de la diplomatie belge dans un communiqué.

La ministre s'entretiendra à ce sujet avec son homologue rwandais, Vincent Biruta, cette semaine, en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York.

"En attendant, la Belgique reste en contact étroit avec M. Rusesabagina", a précisé Mme Wilmès.
 

Els Van Hoof : "Il faut revoir les relations avec le Rwanda de Paul Kagame"

La présidente de la commission Affaires étrangères de la Chambre, la CD&V Els Van Hoof, a estimé quant à elle lundi que l'on devrait revoir les relations avec le Rwanda de Paul Kagame. "'L'une après l'autre, des lignes rouges sont franchies, et malgré tout notre pays continue de se concentrer sur la diplomatie silencieuse et d'espérer que cela s'améliore. Nous devons aussi parfois oser parler clair et fort, et condamner la politique d'intimidation et de répression", indique l'élue.

Elle souhaite que le gouvernement aborde avec le Rwanda la question d'un rapatriement de Paul Rusesabagina. C'était déjà l'objet d'une proposition de résolution qu'elle avait poussée à la Chambre, approuvée en plénière en juin.

"L'affaire Rusesabagina n'est pas un cas isolé", insiste la députée. C'est "un exemple d'une problématique plus large et systématique dans le système judiciaire rwandais".
 

Washington craint que Paul Rusesabagina n'ait pas eu un procès équitable

Paul Rusesabagina, ancien hôtelier dont l'histoire a inspiré le film "Hotel Rwanda" et devenu un féroce critique du président Paul Kagame, a été condamné lundi à 25 ans de prison pour "terrorisme", au terme d'un procès qualifié de "politique" par ses soutiens.

Après l'annonce de sa culpabilité, sa fille adoptive Carine Kanimba avait dénoncé depuis la Belgique un verdict "décidé" par le président Paul Kagame, l'accusant d'avoir "kidnappé" son père. 

De son côté, Washington craint que Paul Rusesabagina n'ait pas bénéficié d'un procès équitable, a indiqué lundi le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price.

"Les États-Unis sont préoccupés par la condamnation de Paul Rusesabagina", qui détient un permis de résidence permanente aux États-Unis, a indiqué M. Price dans un communiqué. "L'absence de garanties d'un procès juste remet en cause l'équité du verdict".

L’ 'organisation de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch a également déploré le verdict de ce procès jugé "bancal".

Une vingtaine d'autres accusés ont aussi été condamnés pour terrorisme lors de ce procès.
 

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