Les transports en commun très perturbés par les actions contre la loi sur la norme salariale

Le syndicat socialiste FGTB organisait ce vendredi une manifestation nationale à Bruxelles (photo). Il exige que la loi de 1996 qui fixe la marge salariale soit révisée. Aux yeux du syndicat, cette législation "bloque toute augmentation significative des salaires". Elle prévoit en effet un régime dans lequel les coûts salariaux ne doivent pas trop augmenter par rapport aux salaires à l'étranger, via une majoration salariale maximale générale dans les entreprises privées. Tous les deux ans, syndicats et patronat se retrouvent autour de la table pour conclure un accord interprofessionnel, qui comprend une norme salariale maximale à ne pas dépasser. La manifestation qui traversait la capitale ce vendredi, et qui a rassemblé 7.000 personnes selon la police, perturbe les transports en commun à Bruxelles et en Wallonie avant tout. En, Flandre, 60% des voyages sont assurés chez De Lijn.

Pour la FGTB, la loi "doit changer", car elle "écrase nos salaires". Le syndicat juge qu'elle "bloque toute augmentation significative, soi-disant pour préserver la compétitivité des entreprises belges... Par contre, elle n'empêche pas les dividendes de s'envoler". La marge limitée à 0,4% cette année est particulièrement dure à avaler pour les représentants des travailleurs en marge d'une pandémie qui a sursollicité beaucoup d'employés et lors de laquelle certaines entreprises ont réussi à tirer leur épingle du jeu en emmagasinant des profits.

"Cette loi est totalement déconnectée de la réalité socio-économique. Si on ne change rien, la marge frôlera toujours le zéro dans les années à venir", dénonce la FGTB, qui appelait tous ses militants à se rassembler à 10h30 à la gare de Bruxelles-Nord. Le cortège s'élançait à 11h et passait par les boulevards du Jardin Botanique, Pacheco, la gare Centrale, la rue des Alexiens et le boulevard Lemonnier, pour rejoindre la gare de Bruxelles-Midi où le président du syndicat Thierry Bodson et la secrétaire générale Miranda Ulens prenaient la parole.

C’était la première grande manifestation organisée en Belgique depuis la pandémie de coronavirus. Toutes les personnes participant devaient porter un masque buccal, mais cette mesure n’a pas toujours été bien respectée. Si la FGTB était la seule à organiser cette manifestation nationale, elle était rejointe par les syndicats chrétien et libéral CSC et la CGSLB dans sa revendication de réviser la loi de 1996. Les deux syndicats menaient d'ailleurs aussi des actions ce vendredi.

Ainsi, la CSC prévoyait une journée de mobilisation avec distribution de tracts, assemblées, piquets filtrants et arrêts de travail. Le syndicat chrétien se rassemblait aussi à Liège, à 11h, sur l'espace Tivoli en plein centre-ville.

Le syndicat libéral CGSLB menait, lui, une action sur le thème #freesalary - Libérez nos rémunérations, en rendant visite aux deux partis libéraux (présents dans la coalition fédérale) MR et Open VLD. Il plaide aussi pour une réforme en profondeur la loi sur les salaires, faute de quoi, les travailleurs seront toujours confrontés à une norme salariale injuste, selon lui.

60% du service assuré chez De Lijn

En raison de la manifestation nationale, les sociétés bruxelloise et wallonne de transports en commun, le Stib et la Tec, prévoient des perturbations sur leur réseau respectif. Un préavis avait été déposé par les syndicats auprès du Tec pour couvrir les agents qui participeront à la manifestation. La Stib s'attendait à une très forte mobilisation de son personnel et prévenait que "très peu, voire pas du tout" de tram, bus et métro circuleront vendredi dans la capitale.

An Van Hamme de la Stib indiquait que seule une des quatre lignes de métro circulait à Bruxelles ce vendredi matin. "Mais cette ligne est étendue à Anderlecht, jusqu’à la station Erasme". Les services en tram étaient réduits de moitié dans la capitale. "Nous essayons d’assurer les trajets les plus fréquentés d’abord, mais les passagers devront patienter. Et seulement 9 des 53 lignes de bus de la Stib étaient en service en matinée".

En Flandre, De Lijn a prévu un service alternatif, avec environ 60% des trajets assurés. Son site internet (www.delijn.be) renseigne quelles lignes sont desservies et à quelles heures et lesquelles ne le sont pas.

Du côté de la SNCB, aucune perturbation n'est attendue, aucun préavis de grève n'ayant été déposé, indiquait une porte-parole. Cette dernière invitait cependant à consulter le planificateur de voyages de la compagnie ferroviaire, disponible sur son application ou le site internet, pour préparer son trajet et vérifier la fréquentation des trains.

Pour les aéroports, celui de Charleroi prévient que des perturbations pourront survenir et recommande de se présenter trois heures à l'avance pour tout départ. Le planning de vols reste cependant inchangé. "Il se peut également que le trafic depuis/vers l'aéroport soit perturbé. Les passagers sont donc invités à prendre leurs dispositions en conséquence." Brussels Airport, pour sa part, ne s'attend pas à des perturbations particulières.

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