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Affaire Sanda Dia : l’un des trois juges se retire après des critiques sur sa neutralité

L'un des trois juges du procès Reuzegom sur la mort de Sanda Dia a décidé de se retirer et de se faire remplacer. Le juge du tribunal du Limbourg à Hasselt avait fait l’objet de critiques parce qu'il travaille à temps partiel pour la KU Leuven, l'université où Sanda Dia et la plupart des suspects du cercle estudiantin Reuzegom suivaient des cours.

Le 5 décembre 2018, le Reuzegom avait organisé une épreuve de baptême à laquelle ont pris part Sanda Dia, 20 ans, et deux autres "bleus". L'activité avait débuté à Louvain et s'était poursuivie dans un chalet à Vorselaar (province d'Anvers).

Alors que Sanda Dia avait été incité à ingurgiter de l'alcool et de l'huile de poisson, son état de santé s'était nettement dégradé. La victime, originaire d'Edegem (province d'Anvers), était décédée le 7 décembre 2018 à l'hôpital. L'étudiant souffrait d'hypothermie et plusieurs de ses organes étaient endommagés.

L'un des trois juges présents, vendredi dernier, lors de l'audience d'introduction du procès, s'est finalement retiré de l'affaire, a annoncé lundi le tribunal correctionnel d'Hasselt. Louis De Groote, l'avocat du président du cercle étudiant, avait mis en doute la neutralité du juge, ce dernier étant lié à la KU Leuven. Un problème de neutralité est en effet apparu alors qu’il se pourrait fortement que l’université se porte partie civile dans cette affaire.

Le président du tribunal de Hasselt nommera un nouveau juge dans les jours à venir. Cela ne devrait pas affecter le calendrier du procès, qui doit se poursuivre en octobre. En principe, le nouveau juge aura suffisamment de temps pour lire le dossier d'ici la prochaine audience.

Les membres de Reuzegom sont jugés pour homicide involontaire, administration intentionnelle de substances toxiques ou nocives ayant entrainé la mort, administration de substances nuisibles ayant entrainées une incapacité, négligence coupable et violations de la loi sur le bien-être animal réparties sur trois chefs d'inculpation.  Les accusés risquent des peines de prison allant jusqu'à 15 ans.

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