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Un rapport épingle des sociétés belges soutenant des entreprises dans les colonies israéliennes

Un nouveau rapport rédigé par une vingtaine d'associations - dont le CNCD-11.11.11 et son équivalent flamand Faitfin, la CNE et la Fédération internationale des droits de l'homme - pointe du doigt 672 banques et institutions financières européennes pour leurs liens avec des entreprises actives dans les colonies israéliennes en Palestine. Le nom de plusieurs entreprises belges figurent dans le rapport, dont notamment celui des banques BNP Paribas, ING et KBC Group.

Selon le rapport, intitulé "Don't buy occupation" (‘N'investissez pas dans l'occupation’ en français), la banque belge BNP Paribas serait "l'institution européenne financière la plus impliquée dans le financement de la colonisation". Au total, la banque aurait investi 2,86 milliards d'euros dans des entreprises directement impliquées dans les colonies israéliennes.

"Le gouvernement belge est actionnaire de BNP Paribas à hauteur de 7,7% de son capital. Il a donc le poids pour empêcher la banque de financer la colonisation israélienne", a réagi le CNCD-11.11.11. "Le gouvernement belge doit faire des efforts supplémentaires pour sensibiliser les entreprises et les institutions financières aux risques juridiques et réputationnels qu'elles encourent en étant impliquées dans la colonisation israélienne."

BNP Paribas n'a pas souhaité réagir aux conclusions du rapport. D'autres banques actives en Belgique comme la KBC, ING et Argenta sont aussi impliquées à divers degrés. Le groupe KBC aurait ainsi accordé des crédits aux entreprises Solvay et Caterpillar. Cette multinationale livre des bulldozers qui seraient utilisés par les Israéliens pour détruire des habitations de Palestiniens.

Le groupe KBC a réagi en affirmant vouloir d’abord lire le rapport avant de se prononcer sur des détails qui y seraient mentionnés. La banque affirme cependant que les données utilisées dans le rapport ne sont pas les plus récentes. Elle ne veut pas non plus se prononcer à propos de clients individuels, en raison de son devoir de discrétion.

Solvay ?

En dehors des banques, le nom du groupe belge de chimie Solvay apparaît également dans la nouveau rapport. Ses produits auraient été repérés en 2019 sur un chantier de construction d'un pipeline (photo), dans la commune de Bardala. Ce réseau d'eau doit alimenter des colonies israéliennes. Contactée par le quotidien Le Soir, l’entreprise Solvay dit avoir "mené une enquête interne" et "n'avoir pas trouvé de trace de vente de produits Solvay en lien avec un tel projet dans la zone désignée".

Aux yeux de l'Union Européenne, l'occupation du territoire palestinien par les colonies israéliennes est considérée comme illégale. Ainsi, 17 pays européens déconseillent à leurs entreprises de travailler avec les sociétés installées dans les colonies. Dans un communiqué de presse, le CNCD-11.11.11 rappelle l'existence d'une base de données des Nations Unies reprenant les entreprises impliquées dans les colonies israéliennes. Il "appelle le gouvernement belge à activement soutenir, à la fois politiquement et financièrement, la mise à jour de cette base de données".

"Nous demandons aux banques de ne pas prendre de nouveaux engagements avec des entreprises actives dans les colonies israéliennes et de mettre fin à des engagements actuels de ce type", déclarait Els Hertogen, directrice générale de 11.11.11.

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