Inondations : le gouvernement fédéral accorde un prêt de 1,2 milliard d'euros à la Wallonie

Le gouvernement fédéral mettra à disposition de la Région wallonne un prêt de 1,2 milliard d'euros, ont confirmé jeudi le Premier ministre Alexander De Croo et le ministre-président wallon Elio Di Rupo en conférence de presse. Le kern fédéral était parvenu à un accord mercredi. Ce prêt sera accordé à un taux d'intérêt "conforme à celui du marché". Il sera d'une durée de quinze ans, sans remboursement pendant les cinq premières années.

Le fédéral a aussi décidé d'instaurer un taux de TVA réduit à 6% pour la démolition-reconstruction. Les propriétaires des immeubles touchés pourront faire appel à cette mesure.

Il a aussi décidé de répondre favorablement à la demande d'extension des zones franches. Les employeurs qui y investiront pourront obtenir jusqu'à 25% de réduction du précompte professionnel sur les salaires des nouveaux travailleurs qu'ils embaucheront.

"Les moyens financiers nécessaires sont de l'ordre de 3 milliards", a estimé Elio Di Rupo. Les assureurs avaient la faculté légale d'intervenir jusqu'à 365 millions. Mais rien que les dégâts s'élèvent déjà 1,630 milliards. Les assureurs interviendront finalement pour 638 millions et la région interviendra pour un milliard, rien que pour permettre aux sinistrés d'obtenir 100% de ce que prévoit leur police d'assurance. Voilà pourquoi la Wallonie a sollicité le fédéral." 

"Sur les 262 communes que compte la Wallonie, 209 sont sinistrées", rappelle Elio Di Rupo au micro de la VRT : 

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"Un win-win pour tout le monde"

La solution sur la table nous intéresse à trois titres, a détaillé le ministre wallon des Finances Jean-Luc Crucke, également présent en conférence de presse avec son homologue fédéral Vincent Van Peteghem.  "Tout d'abord, le fait d'avoir cette somme nous permet de diversifier les sources de financement. Si nous n'avions pas ce soutien, seuls les marchés répondraient et nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Ici, nous profitons ainsi du "spread" fédéral, meilleur que celui de la Région. Ensuite, le remboursement se fera après un "stand still" de 5 ans. Cela nous permet de créer la croissance qui permettra le remboursement du prêt. Enfin, cet accord donne le signe qu'il est possible de se parler et que l'investissement paie."

"C'est un win-win pour tout le monde", a renchéri Vincent Van Peteghem, ajoutant qu'il plaidait au niveau européen pour un taux de TVA plus bas sur les infrastructures publiques."

Quant à l'aide proposée par la Région flamande à la Wallonie, "nous la prenons en considération", a indiqué Elio Di Rupo. "Nous y sommes très sensibles, mais pour le moment, on essaye de voir si ça peut suffire avec les mesures déjà sur la table. Mais nous gardons bien sûr le dialogue." 

Vers un mécanisme de solidarité interfédéral ?

Ce prêt entre le fédéral et une entité fédérée constitue une première. Le Premier ministre Alexander De Croo souhaite à l'avenir aller plus loin et instaurer un mécanisme de solidarité interfédéral, à l'instar de celui existant en Allemagne.

"Il est clair que l'on sera de plus en plus confrontés à l'impact du changement climatique. J'ai donc envoyé une lettre à tous les ministres-présidents pour entamer un véritable débat sur la manière dont on gère ce futur plus incertain. Le Comité de concertation est un bon endroit pour entamer cette discussion. N'aurait-on pas besoin d'un mécanisme de solidarité interfédéral en cas de calamité naturelle ? En Allemagne, ils ont un mécanisme de solidarité permanent. C'est un élément qui manque dans notre structure fédérale." 

L'actuelle loi de financement ne permet en effet pas au fédéral de faire un don, seuls les prêts sont juridiquement possibles, a-t-il également observé.

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