Jorn Urbain - The Belgian Navy

La frégate belge Léopold Ier ne participera pas à un exercice militaire de l’OTAN

La frégate belge Léopold I ne participera pas à l'important exercice de l'OTAN "Joint Warrior". L’équipage composé de jeunes marins semble être insuffisamment formé et ne répond pas aux normes obligatoires de participation. "C'est du jamais vu. Un flop pour notre marine", a commenté un officier de marine sous couvert de l'anonymat. La Défense confirme que le Leopold I est bien à quai en ce moment à Den Helder (Pays-Bas).

Le communiqué de presse publié le mois dernier par la Marine annonçait pourtant que : "Le Léopold Ier prendrait part à l'exercice international "Joint Warrior" et au programme de formation britannique FOST (Fleet Operational Sea Training) au sein du SNMG1. 

Des navires, des sous-marins, des avions, des hélicoptères et des troupes au sol y participent. Les opérations comprennent des assauts aériens, des assauts amphibies et une formation à la contre-insurrection, à la contre-piraterie et à la guerre interétatique. Les différents participants prennent part à une formation collective en vue d'un déploiement en tant que force opérationnelle interarmées." Mais cela se fera donc sans la frégate belge.

Le jeune équipage insuffisamment formé ne répondait pas aux normes

Avant le début de l'exercice, il s'est avéré que le jeune équipage belge n'était pas suffisamment formé pour participer en toute sécurité à l'exercice international. "Nous sommes en grande partie victimes de la nouvelle jeune garde qui a dû être préparée très rapidement", confirme Oliver Vogels, porte-parole de la marine. 

"De plus, toute personne déployée sur un navire doit être capable d'assurer deux à trois fonctions. La marine est un cas unique et cela exige donc une formation deux à trois fois plus importante de la part des jeunes marins."

Les problèmes de "préparation" se situaient dans plusieurs domaines, mais surtout en termes de procédures d'urgence, comme la lutte contre les incendies, l'équipage n'avait pas atteint le niveau attendu. "Mais en termes de sécurité, nous ne faisons pas de compromis", ajoute Olivier Vogels. "Partir avec un équipage qui n'est pas entièrement prêt et formé n'était pas envisageable".
 

En recrutant trop rapidement, il ne restait plus assez de temps pour une formation adéquate.
Olivier Vogels

Au sein de la marine, cette non-participation résonne comme un échec. "Ce genre d'exercices est unique pour un équipage. Le fait que le Léopold Ier n'ait pas pu participer est sans précédent. Personne ne se souvient que cela se soit produit auparavant", déclare un officier. "Depuis l’arrivée de la ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS), nous devons recruter comme des fous et en même temps former. Or, nous avons besoin de formateurs et de temps pour cela. Et on en manque bien souvent."

C’est d’autant plus difficile à accepter que le Léopold Ier appartient au 1er groupe maritime permanent de l'OTAN (SNMG1). Il s'agit de l'une des quatre forces opérationnelles maritimes permanentes de l'OTAN, qui sont toujours déployables et peuvent accomplir un large éventail de tâches.

"L'équipage a reçu une formation et des exercices supplémentaires au cours des trois dernières semaines", explique Olivier Vogels de la Marine. "Nous avons fait appel à des formateurs supplémentaires avec beaucoup d'expérience". Si tout se passe bien et que l'équipage passe les tests avec succès, la semaine prochaine, le Léopold Ier pourra quand même prendre la mer la semaine prochaine et éventuellement rejoindre les autres navires. 

 

Jorn Urbain - The Belgian Navy
Jorn Urbain - The Belgian Navy

Les plus consultés