Sa fille Isa et sa petite-fille Magda, une photo prise par Stijn Streuvels en 1937.

Des photographies de la collection privée de l’écrivain Stijn Streuvels exposées à Anvers

La Letterenhuis, la plus grande archive littéraire de Flandre située à Anvers, expose une centaine de photographies prises par l’écrivain flamand Stijn Streuvels, né il y a 150 ans, ce 3 octobre. On peut ainsi y admirer des scènes domestiques, des clichés de ses enfants, des portraits de personnages de sa région natale de Flandre occidentale ou des impressions d'un voyage en Palestine. Stijn Streuvels était non seulement l'auteur de romans classiques - flamands et universels - mais aussi un pionnier de la photographie. Avec "une envie de tout capter et une attention pour ce qui se passe derrière l’objectif", selon les commissaires de l'exposition "Ogen die kijken" (Les yeux qui regardent).

Stijn Streuvels, le pseudonyme de Frank Lateur, est né il y a 150 ans, à Heule près de Courtrai en Flandre occidentale le 3 octobre 1871. Il fut d’abord boulanger dans l’entreprise familiale à Avelgem, puis écrivain, scénariste, traducteur et photographe.

Stijn Streuvels, auteur de romans et de récits classiques tels que "Vie et mort dans le séchoir (Leven en dood in de ast), ou Le Déclin du Waterhoek (De teleurgang van den Waterhoek) avait un double talent : il a passé sa vie à faire des photographies. Une sélection de ses clichés souvent surprenants peut être admirée dans l'exposition " Ogen die kijken " à la Letterenhuis à Anvers.

La Letterenhuis (Maison des Lettres) située à la Minderbroedersstraat à Anvers est le centre des archives littéraires de Flandre. Elle stimule la préservation de son patrimoine littéraire et rassemble, conserve et expose les archives documentaires sur la littérature en Flandre.

La devise de Streuvels dans la vie était : "Nulla dies sine linea", pas un jour sans écrire une ligne, mais cela s'appliquait également à son autre grande passion, la photographie. 

Les yeux de Stijn Streuvels, photo prise par Gaston Gyselynck en 1932.

Il s'agit d'archives photographiques très complètes", déclare Jeroen Cornilly, archiviste à la Letterenhuis. "Je pense que nous disposons d’environ 4 000 photographies de Stijn Streuvels. 900 sur plaques de verre, une série de négatifs, ainsi que des films et, bien sûr, un grand nombre de tirages. Tous les négatifs ont été numérisés à ce jour."

Au début du siècle dernier - Stijn Streuvels a vécu de 1871 à 1969 - la photographie était encore un médium relativement nouveau. L'un de ses appareils photo de Stijn Streuvels est d’ailleurs exposé à Anvers avec ses propres instructions manuscrites.
 

Qu'a photographié Stijn Streuvels ?

Arne De Winde, commissaire de l'exposition : "Ce qui l'anime, c'est l'envie de capturer les choses, de ne pas les perdre, de documenter, de capturer. D'où le nombre important de clichés. Très souvent, il ne s'agit pas d'images exceptionnelles, mais plutôt d'images banales de la vie quotidienne : le jeu avec le chat à la fenêtre, avec le chien, les poupées des enfants. Cela rend également sa photographie contemporaine, car il capture des choses qui sont universelles, qui nous fascinent tous dans notre environnement immédiat.

Stijn Streuvels photographie sa propre famille, ce qui donne des instantanés troublants. Une belle séquence montre deux de ses filles, apparemment innocentes, dans la neige de l'allée du jardin de sa célèbre maison, le Lijsternest (le nid de grives) à Ingooigem. Un peu plus tard, nous assistons à une bataille de boules de neige.

L'environnement rural du sud de la Flandre occidentale offre bien sûr beaucoup de matière, non seulement pour ses livres, mais aussi pour ses photographies. Arne De Winde : "Il documente la vie rurale et est fasciné par certains types, professions, figures, têtes de personnages. En même temps, il transcende le cliché, car outre les portraits majestueux, il s'intéresse aussi à ce qui se passe avant et après la pose, l'espièglerie spontanée, l'amusement et le divertissement après le travail."

Ce qui soulève bien sûr la question de savoir si et dans quelle mesure il existe un lien entre les photographies et les romans de Stijn Streuvels dans lesquels il peint de manière réaliste la vie des paysans de la Flandre-Occidentale . Jeroen Cornilly : "Il y a une relation, même si elle est parfois difficile à déterminer, car pour de nombreux clichés, nous ne savons pas de quand elles datent. Mais si vous lisez "De vlaschaard" et que vous mettez le texte à côté des photos qu'il a prises vers 1900-1905, alors vous ressentez l'atmosphère de ces photos dans l'œuvre et vice versa. Je peux l'imaginer assis à sa table d'écriture avec ces photographies à portée de main."
 

Photo prise par Stijn Streuvels en Palestine en 1935

Voyage en Palestine

Mais Stijn Streuvels n’est pas resté toute sa vie à Ingooigem, c’était aussi un voyageur. Et c'est ainsi que l'histoire entre dans ses photos "intemporelles". En 1935, il fait un voyage de près d'un mois en Palestine, la Terre Sainte. Il y tient un journal et prend de nombreuses photos ; il a même monté les images pour en faire une sorte de petit film. "On le voit aux prises avec cet autre monde, essayant en tant qu'anthropologue de le saisir, mais retombant parfois dans les stéréotypes."

L'exposition se termine par des images de Streuvels lui-même, prises par des amis ou avec le retardateur. "Nous apprenons à le connaître d'une manière différente", conclut Jeroen Cornilly. Dans les photographies, il apparaît comme un père très aimant, ce qui ressort également des lettres écrites à ses enfants et de ce qu'il écrit à leur sujet."

L'exposition se tient jusqu'au 31 décembre 2021 de 10h00 à 17h00.

à la Letterenhuis
Minderbroedersstraat 22
2000 Anvers
tel. +32 3 222 93 20
letterenhuis@antwerpen.be

La silhouette de Stijn Streuvels en 1935

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