Des organisations sociales contestent en justice la politique flamande au logement

Des changements annoncés dans la politique flamande au logement ont conduit 38 organisations sociales à se tourner vers le Conseil de l'Europe pour en contester certaines dispositions. Les organisations estiment que le gouvernement flamand n’agit pas suffisamment face à la crise du logement. Les loyers restent trop élevés, les logements de qualité à petits prix sont rares.

Le gouvernement flamand a décidé de réviser sa politique en matière de logement social, notamment en fusionnant, dès le 1er janvier 2023, les sociétés de logement (SHM) et celles en charge de la location de bureaux sociaux (SVK) dans chaque commune de Flandre. Un autre pan de la réforme supprime le système de points qui devait accorder une priorité dans l'attribution d'un logement aux ménages à bas revenus en recherche d'un toit.

Trente-huit organisations sociales ont décidé de s'adresser au Comité européen des droits sociaux, une institution du Conseil de l'Europe chargée de la mise en œuvre par les États membres de la Charte sociale européenne, pour tenter d'obtenir l'annulation de certaines dispositions, rapportent ce lundi les journaux 'De Morgen' et 'Het Laatste Nieuws'.

"Actuellement, plus de 155.000 familles sont sur une liste d'attente pour un logement social, 47% des logements locatifs privés sont de qualité insuffisante et 52% des locataires privés consacrent plus d'un tiers de leurs revenus à leur loyer", indique le porte-parole de l'organisation faîtière Vlaamse Woonzaak, Hugo Beersmans. "Nous avons essayé de soulever la question avant la formation du gouvernement flamand, mais l'accord de coalition (de l'équipe dirigée depuis 2019 par le ministre-président Jan Jambon) a montré que ce n'était pas une priorité. Nous n'avons plus eu de contact avec le gouvernement. Et à partir de maintenant, nous allons nous concentrer pleinement sur cette affaire" à porter le 17 décembre prochain devant le Comité européen des droits sociaux, a ajouté Beersmans.

Il a dit s'attendre à une décision de cette instance du Conseil de l'Europe basé à Strasbourg (France) d'ici aux prochaines élections régionales, prévues en 2024. Le ministre flamand du Logement, Matthias Diependaele (N-VA), a pour sa part assuré ce lundi que le gouvernement flamand était "pleinement engagé" dans la question du logement. "Nous le faisons à la fois politiquement et financièrement", a-t-il fait valoir dans un communiqué.

Le ministre Diependaele a rappelé qu'il avait prévu des investissements pour un "montant record" de 4,5 milliards d'euros dans le logement social. "L'argent est là, maintenant c'est aux sociétés de logement de le transformer en briques. Nos administrations sont prêtes à les guider dans cette voie", a-t-il souligné.

Le ministre a aussi évoqué le problème des logements d'urgence, attribués à des personnes victimes d'un incendie ou des violences domestiques. "L'an dernier, nous avons approuvé environ 73 projets dans 67 communes pour un montant d'environ huit millions d'euros", a-t-il expliqué. Il a enfin rappelé que le gouvernement flamand venait d'approuver pour le marché du logement privé une réduction des droits d'enregistrement de 6 à 3%.

Dans l'opposition, le parti Vooruit a, par la voix de son député régional Maxim Veys, appelé le gouvernement flamand à intervenir d'urgence afin de rendre le logement à nouveau abordable. Les 38 organisations "font cette démarche parce qu'elles sont désespérées", a déclaré Maxime Veys.

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