Le ministre Van Quickenborne demande une enquête sur l’Exécutif des musulmans de Belgique

Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) demande à la Sûreté de l'État d’enquêter en profondeur sur l'ensemble de l'Exécutif des musulmans de Belgique et dénonce à nouveau les défauts de l’organisation. Il l'a annoncé mercredi soir dans le reportage "Pano" sur la Eén (VRT). L'EMB est l'organe qui est censé représenter tous les musulmans de notre pays, mais il est embourbé dans des controverses depuis longtemps.

Le ministre de la Justice, en charge des cultes avait déjà formulé des critiques envers les dirigeants de l'Exécutif des musulmans. “Continuer avec les mêmes personnes de la même manière n'apportera pas de solution", déclare le ministre.

"Il est très difficile de travailler avec eux. Je constate un manque de professionnalisme, un manque de transparence, et toute forme d'innovation est rejetée." Vincent Van Quickenborne a déjà exhorté l'exécutif à travailler avec un comité de renouvellement, "mais il n'y a aucun signe de cela sur le terrain", constate-t-il.

Mise en demeure

C’est pourquoi le ministre engage donc une action en justice et met à nouveau l'exécutif musulman en demeure. Il l'avait déjà fait au début du mois de juillet. "Nous l'avons fait une deuxième fois, le lundi 4 octobre, et j'ai explicitement demandé à la Sécurité d'État de procéder à un audit de l'exécutif", a déclaré Vincent Van Quickenborne.

Le ministre souhaite spécifiquement que l'ingérence étrangère dans l'organisation fasse l'objet d'une enquête. "Des rapports provenant de notre pays, mais aussi de l'étranger, montrent que des organisations telles que Diyanet et le Rassemblement des Musulmans de Belgique sont des instruments permettant aux gouvernements étrangers de garder leur emprise sur la communauté musulmane."

Diyanet est l'organisation qui chapeaute une partie des musulmans de Belgique d'origine turque. Le Rassemblement des Musulmans de Belgique est une organisation qui, entre autres, supervise des dizaines d'imams que le Maroc envoie ici chaque année pendant le Ramadan. 

Les deux organisations ont longtemps été critiquées pour leur trop grande proximité avec les gouvernements turc et marocain. "C'est de l'ingérence étrangère, et cela prouve une fois de plus qu'il y a vraiment un problème avec l'exécutif", ajoute Vincent Van Quickenborne.
 

Séparation de l'Église et de l'État

L'exécutif des musulmans fait l’objet de critiques depuis un certain temps déjà et cela a encore été le cas ces dernières semaines. Mardi encore, un rapport de la Sûreté de l'État révélait que la mosquée du président de l'exécutif, Mehmet Üstün, joue un "rôle important" dans la propagation des idées extrémistes dans le Limbourg. Quant à l’intéressé Mehmet Üstün, il a contesté toutes ces accusations.

Bien que le rapport ne porte pas sur lui, il est regrettable que Mehmet Üstün soit lié à l'extrémisme. En tant que président de l'EMB, il a pris en charge l'opération de renouvellement au sein de l'organisme ces derniers mois. Le cabinet de Vincent Van Quickenborne confirme que la fuite du rapport était une raison supplémentaire de demander à la Sécurité d'État un audit des membres et des structures de l'exécutif.

"Pas représentatif des musulmans"

La réaction de Vincent Van Quickenborne est délicate, en raison de la séparation de l'Église et de l'État. "Nous ne disons pas qui ils doivent nommer, mais seulement qu'il y a un problème de fonctionnement", déclare son cabinet. "Depuis notre prise de fonction, nous n'avons entendu que des plaintes de musulmans qui ne se sentent pas représentés par l'EMB. On peut donc difficilement parler d'un organe représentatif à l'heure actuelle."

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