BELGA/VERGULT

Une visite à la Kazerne Dossin pour les auteurs d’infractions à la loi contre le racisme

En Belgique, la discrimination est interdite par la loi et punissable. Le parquet d’Anvers lance un projet pilote qui est de faire visiter la Kazerne Dossin aux personnes qui enfreignent cette loi sur la discrimination. C'est ce qu'écrit le quotidien De Standaard ce jeudi. Les personnes poursuivies pourront y suivre un cours et éventuellement obtenir un non-lieu.

La Kazerne Dossin, située à Malines (Anvers) est un ancien lieu de transit vers les camps de concentration nazis qui commémore l'holocauste en Belgique. Plus de 25 000 juifs et gitans ont été rassemblés et placés dans un train pour Auschwitz-Birkenau durant la Seconde Guerre Mondiale. Moins de cinq pour cent d’entre eux ont survécu. Un musée impressionnant a donné à ces personnes oubliées un visage et permet de découvrir leur triste histoire. Chaque visite évoque la tristesse, la détresse et pousse à la réflexion.

Désormais, le parquet d'Anvers veut envoyer les personnes qui ont enfreint la loi sur la discrimination visiter la Kazerne Dossin.

"Beaucoup de gens viennent déjà ici, dans des buts différents, que ce soit des individus ou des écoles. Mais nous sommes heureux de pouvoir ajouter notre pierre à l’édifice. Nous pensons que cela peut donner beaucoup plus de résultats que de nombreuses autres actions purement judiciaires", déclare Tomas Baum, le directeur de la Kazerne Dossin.

"Quelqu'un se propose, prend rendez-vous et se rend ici. Ensuite, un guide spécialement formé lui fait visiter le musée. Après coup, on discute de la visite avec la personne, qui peut alors réfléchir à son propre comportement et se rendre compte qu'elle ferait mieux d'agir ou de réagir différemment à l'avenir. Nous n'avons rien à dire sur un éventuel non-lieu, c'est le travail du parquet, et chacun reste dans son rôle, bien sûr."

Il s'agit d'un projet pilote, mais il est prévu que d'autres parquets suivent l'exemple d'Anvers. "La coopération peut sembler inhabituelle, mais il n'appartient pas seulement à la justice et à la police de résoudre tous les problèmes de la société", selon Franky De Keyzer, initiateur du projet et procureur du Roi à Anvers. 

"En particulier pour ce groupe cible, les amendes élevées ou les longues peines de prison ne sont pas nécessairement efficaces. Des enquêtes montrent également que les victimes estiment qu'il est plus important que les délinquants reviennent à la raison. Ce n'est pas tant la punition qui compte pour eux."
 

Les plus consultés