Dès ce lundi, les écoles flamandes peuvent faire passer un test de langue aux élèves de 3e maternelle

À partir de ce lundi, les élèves inscrits en troisième maternelle dans l'enseignement flamand devront passer un test de langue, en début d'année, entre le 10 octobre et le 30 novembre. Ce test est obligatoire. Ce "test Koala" mesure les compétences linguistiques des enfants d'âge préscolaire et détecte les déficits linguistiques. "L'accompagnement supplémentaire des enfants ayant de moins bons résultats prendra du temps, mais c'est aussi un investissement pour plus tard", a déclaré Ann De Craene, institutrice de maternelle à Gand, dans "De Ochtend" sur Radio 1 (VRT).

Le "test Koala" est un dépistage linguistique central en Flandre, qui a été développé par le Centre pour le langage et l'enseignement (Centrum Taal en Onderwijs) de la KU Leuven.

Comment ça fonctionne ?

Le test Koala consiste en sept activités ou tâches basées sur une situation habituelle d’une classe : un jeu avec un cerceau, une histoire sur les animaux, un bricolage, une leçon de gymnastique, une salle à manger en désordre, la bibliothèque de la classe ou un anniversaire dans la classe. Les tâches comprennent l'exécution, la recherche et le choix des tâches. Les tout-petits effectuent une partie des tâches individuellement et une autre partie en petit groupe.

"Nous disons aux enfants qu'il s'agit de petits jeux amusants pour voir s’ils savent bien écouter", explique Ilse Van de Perre, directrice de l'école primaire communale De Springplank à Asse (Brabant flamand). "La première partie est effectuée par le professeur de gymnastique, et consiste en quelques tâches qu'ils font dans la salle de gym. La deuxième partie est effectuée par l’enseignant(e) qui est plus proche de l’enfant. Nous la présentons comme quelque chose d'amusant et d'agréable."
 

Evaluation à l'aide d'un code de couleurs

Après le test, les enfants d'âge préscolaire sont évalués à l'aide d'un code de couleurs. Les tout-petits qui obtiendront un code vert ont des compétences linguistiques suffisantes pour leur âge. Les enfants ayant une évaluation orange ou rouge recevront des conseils supplémentaires. L'institutrice maternelle Ann De Craene, de Gand, explique : "L'orange signifie que l'on prêtera plus attention au retard linguistique et le rouge signifie que l'enfant peut recevoir par exemple une immersion linguistique, individuellement ou en groupe."

Ce dépistage n'est pas un test d'entrée en première année primaire. Les élèves recevront ou non un soutien supplémentaire en fonction du résultat. C'est le conseil de classe qui décidera à la fin de la maternelle - sur la base de nombreuses informations - si un enfant peut passer en première année primaire ou non.

Bien sûr,  cela signifie aussi beaucoup un travail supplémentaire pour les enseignants afin de donner plus d'opportunités aux tout-petits. "Cela prendra effectivement du temps", déclare De Craene, enseignant en maternelle, "mais c'est aussi un investissement pour plus tard". Sur la base des résultats, nous pourrons mettre en place des programmes linguistiques ciblés pour ces enfants, qui auront ainsi davantage de possibilités."

Lore Schreurs, directrice de l'école primaire FLX de Leopoldsburg (Limbourg), s’attend à des résultats mitigés. "Le test n'est pas si difficile", affirme la directrice, qui l'a déjà essayé elle-même. "Avec des élèves qui parle le néerlandais à la maison, les résultats ne seront pas trop mauvais. Nous avons également un certain nombre d'élèves qui parlent une autre langue à la maison et ne parlent que le néerlandais à l'école. Nous nous attendons à des résultats un peu moins bons, et nous allons mettre en place des actions pour stimuler encore plus ces enfants.
 

De nombreuses critiques

Après de longues discussions sur la nécessité d'un tel dépistage, le ministre de l'éducation Ben Weyts (N-VA) a décidé l'année dernière que le test serait obligatoire. À l'époque, des critiques avaient déjà été émises quant au fait qu'un test de langue à un si jeune âge pouvait avoir un effet stigmatisant et étiqueter certains enfants comme étant "faibles en langue". On peut imaginer que les enfants qui parlent néerlandais à la maison auront de meilleurs résultats que les autres.

Kris Van den Branden, expert en éducation qui a co-développé le test, confirme cette crainte de stigmatisation dans le journal De Standaard d'aujourd'hui : "Il est toujours possible qu'un résultat réduise la vision de l'enseignant et ait donc des conséquences négatives pour l’enfant. Mais nous devons éviter cela. J'espère surtout que le test offrira des opportunités. Chaque enseignant de maternelle doit croire aux possibilités d'apprentissage de ses bambins."

L’institutrice maternelle Ann De Craene espère surtout que ses enfants d'âge préscolaire ne ressentiront pas ce test comme un dépistage, car la pression sur eux peut parfois être déjà élevée.

Les écoles flamandes peuvent choisir le moment exact où elles feront passer le test Kola. Elles peuvent le faire jusqu'au 30 novembre.

 

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