Le procès du producteur flamand Bart De Pauw a débuté à Malines

Le producteur de télévision Bart De Pauw (photo), poursuivi pour harcèlement via des moyens de communication électroniques, est arrivé ce mercredi matin au tribunal de Malines pour le début de son procès. Maître Christine Mussche, qui représente neuf femmes pour les parties civiles, devait prendre la parole à cette première audience pour exposer la version des plaignantes. Au moins 13 femmes sont concernées dans ce dossier. Il y a presque 4 ans que la VRT a mis fin, avec effet immédiat, à sa collaboration avec Bart De Pauw, à la suite du témoignage de plusieurs des actuelles plaignantes.

"Mes clientes étaient toutes âgées d'une petite vingtaine d'années, voulaient orienter leur carrière dans le monde des médias et ont été abordées d'une manière inappropriée - malsaine, de leur point de vue - par leur patron, qui était aussi leur idole", a déclaré l'avocate Christine Mussche (photo, à dr.) à son arrivée au tribunal. "Nous allons enfin pouvoir prendre la parole et tenterons de le faire aussi sereinement que possible."

Une sérénité qu'il sera cependant difficile de conserver en abordant le contenu de l'affaire, prévient Me Mussche, qui défend les intérêts de quatre actrices, deux costumières et trois stagiaires. "Nous allons devoir exposer des faits relevant de la vie privée des parties." Pour l'avocate, le procès aurait pu être évité si Bart De Pauw avait "simplement reconnu son comportement fautif, potentiellement punissable", "convenu que ceci n'aurait pas dû se passer" et "garanti que ces faits ne se reproduiraient plus à l'avenir".

De son côté, De Pauw a estimé ce mercredi matin que ce procès, "attendu depuis quatre ans et bien préparé", serait certainement "brutal". "C'est une bonne chose qu'il puisse enfin commencer. Je serai content quand ce sera derrière moi", a souligné le quinquagénaire.

Des centaines de sms

Le procès a effectivement bien été préparé puisqu’il y a eu 80 auditions. De Pauw lui-même a été interrogé quatre fois. L’ancien CEO de la VRT, Paul Lembrechts, et d’autres personnes travaillant dans le milieu de la télévision ont également été entendus. Et le téléphone du producteur a été placé un certain temps sous écoute.

L’enquête a révélé que De Pauw harcelait des femmes notamment via l’envoi de sms. Certaines d’entre elles auraient reçu, en l’espace de peu de temps, des dizaines voire des centaines de sms sur leur téléphone, parfois jusque tard dans la nuit. "Cela commençait souvent par des avances amoureuses innocentes, mais qui se transformaient ensuite en une forme de harcèlement", avait expliqué Paul Lembrechts au début de l’affaire. Le parquet semble avoir fait la même constatation.

L'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes s'est également constitué partie civile et est représenté par trois personnes, dont sa directrice adjointe Liesbet Stevens. Un verdict est attendu au plus tôt quatre semaines après le dernier jour du procès, soit le mercredi 10 novembre. Bart De Pauw risque un maximum de deux ans de prison, s'il est condamné.

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