Cérémonie à Hasselt
foto: Radio 2

Première plaque "pro Patria" sur la tombe d'un Belge mort à la guerre de Corée

Une commémoration nationale des victimes belges de la guerre de Corée (1950-1953) était organisée ce mercredi à Woluwe-Saint-Lambert - mais aussi à Hasselt (Limbourg) notamment - avec la pose d'une plaque "Pro Patria" sur la tombe du sous-lieutenant Jean Dehalleux, décédé voici 70 ans jour pour jour et qui fut l'un des 106 morts belges de ce conflit largement oublié.

Près de 7.000 plaques commémoratives "Pro Patria" ont, depuis 2018, été installées sur les tombes de soldats morts au combat durant les deux Guerres mondiales et enterrés en dehors des cimetières militaires, à l'initiative du War Heritage Institute (le parastatal de la Défense dédié à la conservation du patrimoine historico-militaire et à la mémoire). Celle installée sur la tombe du sous-lieutenant Dehalleux, décédé le 13 octobre 1951 lors de la bataille de Haktang-Ni, à l'âge de 24 ans, est la première à rendre hommage aux victimes belges de la guerre de Corée, la principale confrontation entre l'Occident et le bloc communiste, au début de la Guerre froide.

Jean Dehalleux a été tué lors des violents combats de bataille de Haktang-Ni, a rappelé le bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, Olivier Maingain, qui a déposé une gerbe sur la tombe de cet officier en compagnie de sa nièce, Michèle Poissonnier. Cette bataille a opposé, du 9 au 13 octobre 1951, un contingent du Commandement des Nations Unies en grande partie belge aux forces de l'Armée populaire des volontaires chinois, au prix de dix tués et de quatorze blessés dans les rangs du corps des volontaires - un bataillon de 700 hommes dépêché par le gouvernement pour répondre à l'agression de la Corée du Sud par le Nord, soutenu par la Chine et l'Union soviétique.

War Heritage Institute

La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, s'est adressée aux douze vétérans présents - sur un total de quelque 3.500 au total à l'époque - en les remerciant pour "tout ce qu'ils ont fait en Corée". "Aujourd'hui, je suis ici en tant que ministre de la Défense pour vous témoigner ma reconnaissance et celle du pays tout entier", a-t-elle déclaré. Ludivine Dedonder a souligné que le bataillon belge et le détachement luxembourgeois des forces des Nations Unies en Corée "est cité pour l'accomplissement exceptionnel de ses missions et pour son héroïsme remarquable dans son action contre l'ennemi sur l'Imjin en Corée, pendant la période du 20 au 26 avril 1951".

Le bataillon belge et le détachement luxembourgeois, l'une des plus petites unités des Nations Unies en Corée, a infligé à l'ennemi des pertes trente fois supérieures aux siennes par ses actions agressives et courageuses contre les communistes chinois. Durant cette période, des forces ennemies considérables, appuyées par le feu des mitrailleuses, des mortiers et de l'artillerie, menèrent des assauts furieux et répétés contre les positions tenues par le bataillon, mais les Belges et le détachement luxembourgeois repoussèrent vaillamment et continuellement ces attaques fanatiques en infligeant des pertes considérables aux troupes ennemies, a ajouté la ministre de la Défense.

En un peu plus de deux ans de combats (du 6 mars 1951 à l'armistice du 27 juillet 1953), 106 Belges et deux Luxembourgeois sont décédés, et 478 ont été blessés durant le seul conflit armé de la Guerre froide, selon les chiffres officiels. Des cérémonies similaires ont eu lieu au même moment dans un certain nombre d'autres communes belges - notamment à Hasselt (photos). Dans les semaines et les mois à venir, d'autres cérémonies seront également organisées localement.

War Heritage Institute
Cérémonie à Hasselt, en parallèle à celle à Woluwe-Saint-Lambert ce mercredi

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