Le ministre flamand de l’Enseignement s’oppose à la grève scolaire pour le climat

Le ministre flamand de l'Enseignement, Ben Weyts (N-VA), a demandé aux écoles de considérer l'absence d'élèves pour cause de participation à une action en faveur du climat comme injustifiée. Le ministre l’a signalé mercredi devant le Parlement flamand en réponse à une question d'un député du Vlaams Belang.

Dimanche, lors de la grande Marche pour le Climat à Bruxelles, l'activiste Anuna De Wever a annoncé la tenue de nouvelles grèves scolaires. Une première action est prévue le 22 octobre. 

Face à l’annonce, le ministre flamand de l’Enseignement n’a pas caché son mécontentement. "On a déjà perdu suffisamment d'heures de cours pendant la crise corona. Une des leçons de cette crise est que cette réduction des temps d'apprentissage se fait aux dépens des élèves les plus vulnérables. Une grève scolaire est toujours une mauvaise réponse, même lorsque c'est pour une cause honorable", a-t-il réagi.

"Eviter toute forme d’absentéisme"

"On ne peut pas dire que l'on est préoccupé par le retard d'apprentissage et la qualité de l'enseignement et en même temps fermer les yeux. Brosser ne souffre pas de sélectivité. Nous menons une politique de lutte contre toutes les formes d'absentéisme scolaire. Nous devons éviter toute forme d'absentéisme. Je suis contre l'école buissonnière qu'elle soit de gauche ou de droite", a déclaré le ministre N-VA.

"Si nous voulons que cette école buissonnière pour le climat s'arrête, il faut discuter avec ces jeunes et mettre sur pied une politique climatique ambitieuse", a souligné de son côté la députée Elisabeth Meuleman (Groen). "Le manque de professeurs et des heures passées à l'étude menace bien plus la qualité de l'enseignement qu'une protestation engagée de ces élèves qui brossent les cours".

Rien n'empêche les élèves de manifester après les heures de cours ou durant le week-end, a fait remarquer M. Weyts: "La marche organisée le week-end passé a montré qu'il n'est pas nécessaire de faire l'école buissonnière". 

La ministre francophone plutôt positive

La ministre francophone de l'Enseignement, Caroline Désir (PS), s'est au contraire montrée positive mercredi, alors qu'elle était également interrogée au parlement. A ses yeux, la présence des écoliers à cette manifestation peut avoir du sens en termes d'apprentissage et de développement de la citoyenneté.

Après un an et demi de scolarité perturbée par la crise sanitaire, la ministre a toutefois mis en garde contre toute généralisation de cette grève pour le climat sur base hebdomadaire, comme cela s'était produit en 2019. Dans l'enseignement secondaire, des grèves menées toujours le même jour auraient en effet pour conséquence de se faire à chaque fois aux dépens des mêmes cours, ce qui nuirait alors aux apprentissages, a-t-elle souligné. 

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