Pas un accident de la route, mais un meurtre : Davy Kesteman écope de 23 ans

Davy Kesteman (32 ans) a été reconnu coupable ce vendredi par le jury populaire de l'assassinat de son ex-amie Sharon Gruwez (22), décédée dans un accident de voiture alors que l'accusé, qui conduisait, a percuté à vive allure un bus en stationnement à Oostvleteren, le 1er novembre 2018. La défense a soutenu en vain qu'il ne s'agissait que d'un accident de la route mortel. Le ministère public avait requis une peine de 25 ans de prison. L’accusé (photo) a finalement écopé de 23 ans de réclusion.

Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 2018, Sharon Gruwez s'était rendue dans un café à Poperinge avec quelques amis. L'ambiance avait été plombée avec l'apparition de Davy Kesteman, son ancien ami. La jeune femme avait finalement embarqué à bord de la voiture de ce dernier, qui avait, peu après 2h30 du matin, percuté à 191 km/h un bus en stationnement le long de la N8 à Oostvleteren, en Flandre occidentale. Sharon Gruwez avait été éjectée du véhicule et était décédée sur place. Davy Kesteman, légèrement blessé, affichait une alcoolémie de 1,47 pour mille. Trois mois avant les faits, l'accusé avait été condamné par le tribunal correctionnel d'Ypres à sept mois de prison avec sursis pour deux actes de violence conjugale.

Ce vendredi, le jugement a souligné l'attitude de conduite totalement irresponsable de l'accusé. De plus, Kesteman habitait à proximité du lieu de l’accident et connaissait donc la route. La cour et le jury ont également noté que la surface de la voie était en bon état et qu'il y avait peu de circulation. "On peut supposer que l'accusé n'a fait aucun mouvement pour éviter la collision avec le véhicule à l'arrêt", a-t-il été dit à la cour.

La prétendue amnésie de l'accusé n'a pas été crue non plus. Son test au détecteur de mensonges ne concernait que les quelques secondes précédant l'accident. La cour et le jury ont abondé dans le sens des conclusions du psychiatre de la cour, qui a déclaré qu'une amnésie plus longue était peu plausible. Au cours du procès, l'accusé avait expliqué qu'il avait conduit jusqu'à son domicile, mais que Sharon avait d'autres plans cette nuit-là. "Nous allions quand même aller à la mer. Peut-être aller au night shop et prendre quelque chose à boire sur la plage, comme nous le faisions souvent", avait-il déclaré. Sur le chemin du domicile de l'accusé, le couple s'était arrêté quelques minutes sur un parking le long de la N8.

L'explication de cet arrêt par l'accusé a elle aussi été rejetée comme peu plausible. "Cet arrêt ne peut qu'indiquer qu'il y a eu une discussion sur la destination vers laquelle ils se dirigeaient." Après s'être arrêté à son domicile à Woesten, Davy Kesteman avait redémarré à grande vitesse, alors qu'il n'y avait aucune raison de conduire de la sorte pour un voyage normal vers la côte. En outre, Sharon Gruwez (photo) portait des vêtements trop légers pour se promener au bord de la mer par des températures aussi basses.

"Il est certain que l'accusé a dû garder la pédale d'accélérateur enfoncée. En roulant à cet endroit quatre fois plus vite que la vitesse autorisée, il acceptait que cela soit fatal pour les occupants du véhicule, en particulier pour une passagère dont il savait qu'elle ne portait pas sa ceinture de sécurité", a expliqué le président pour étayer l'intention de tuer. Enfin, il a également été jugé que l'accusé a agi avec préméditation. "Il aurait pu au moins ralentir pour le feu de signalisation qui était rouge depuis 30 secondes, mais il a continué à rouler à une vitesse bien trop élevée".

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