Belga Image

"Les généralistes ne testeront plus que les patients malades"

L’association flamande des omnipraticiens Domus Medica a annoncé ce mardi que les médecins généralistes ne testeront plus les contacts à haut risque, mais uniquement les patients malades. L’association explique que les soins de première ligne sont débordés et "que la coupe est pleine".

Bien que le taux de vaccination soit très élevé en Flandre, l’augmentation du nombre de nouvelles contaminations se poursuit à un rythme accéléré ces derniers jours. Les cabinets de généralistes et les postes de garde sont énormément mis sous pression, non pas par un nombre particulièrement élevé de malades mais par un nombre croissant de contacts à haut risque des personnes malades, qui doivent être testés.

"Le testing et le traçage des contacts sont des éléments importants dans la gestion de l’épidémie, tant que la circulation du virus peut être maintenue sous un seuil donné", explique l’association de généralistes Domus Medica. "Mais ce seuil a largement été dépassé. Il n’est plus possible de continuer à tester et tracer les contacts en masse. Dans de nombreux centres il faut d’ailleurs déjà attendre deux à trois jours avant de pouvoir se faire tester", tant les candidats sont nombreux.

"Nous ne sommes d'aucune utilité par rapport aux mesures qui entreront en vigueur la semaine prochaine, il faut agir maintenant", explique Roel Van Giel, président de Domus Medica. "Dire qu'il ne faut pas encore prendre de mesures maintenant parce que les hôpitaux ne sont pas saturés, n'est plus tenable car la médecine ne se limite pas aux hôpitaux." Les médecins généralistes ne sont plus en mesure de tester les gens, de donner des explications aux personnes potentiellement infectées et d'examiner les patients malades.

Des mesures impopulaires sont nécessaires

Ils sont en outre contraints de reporter les soins non-urgents, poursuit l'association. "Les vrais malades sont les dupes de cette situation", souligne Van Giel. A cela s’ajoute que les médecins, postes de garde et centres de testing sont confrontés à une forte augmentation de l'agressivité. Les généralistes ont donc décidé de ne plus tester les contacts à haut risque. "Nous ne testerons les patients malades que sur la base d'indications cliniques", explique Roel Van Giel pour qui cette mesure permettra aux médecins de se concentrer sur tous les patients malades.

Le président de Domus Medica reconnaît que cela aura un effet sur la pandémie. "La circulation du virus va probablement s'accélérer. Les effets sur les hôpitaux sont inévitables", dit-il. "La dernière chose que nous voulons, c'est mettre nos collègues de la deuxième ligne en difficulté. Nous nous battons côte à côte depuis un an et demi. Mais eux aussi comprendront que nous devons actionner ce frein d'urgence pour survivre." Le monde politique doit maintenant prendre ses responsabilités afin de ralentir la circulation du virus, estime encore l'association flamande pour qui des mesures impopulaires sont nécessaires.

Les plus consultés