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Le rapport d’experts pour la commission Congo est terminé : "Un guide pour traiter le passé colonial de la Belgique"

Le rapport final du groupe de travail interuniversitaire "Passé colonial de la Belgique" a été présenté ce mercredi à la Fondation universitaire à Bruxelles. Les conclusions et recommandations des experts scientifiques mettent en avant l'importance de la communication avec le grand public. "La conscientisation concerne une partie importante de la décolonisation. Et le monde académique doit y jouer un rôle majeur", a expliqué lors de la conférence de presse Romain Landmeters, membre du FNRS/USL-B. Le groupe d'experts plaide aussi pour une plus grande coopération avec les universités non occidentales, notamment celles d'Afrique centrale. Le président de la commission spéciale de la Chambre, Wouter De Vriendt, qualifie le rapport de "guide important pour traiter le passé colonial de notre pays".

Le rapport - qui a été remis symboliquement ce mercredi à Rik Van de Walle, recteur de l'UGent et président du Conseil interuniversitaire flamand (VLIR), et Annemie Schaus, rectrice de l'ULB et présidente du Conseil des Recteurs (Cref) - formule une série de recommandations concrètes et se veut un document d'inspiration et de réflexion, susceptible d'aider les universités à développer des initiatives futures, en tenant compte du contexte et de l'histoire propres à chaque institution. Il contient près de 700 pages de recommandations.

"Les écoles primaires et secondaires constituent un groupe-cible essentiel. Les écoles doivent accorder plus d'importance à l'histoire belge et européenne", a souligné Romain Landmeters, insistant sur le fait que "communiquer avec le public, ce n'est pas uniquement discuter et enseigner mais aussi écouter et apprendre". Le groupe de travail plaide également pour une meilleure coopération avec les universités non occidentales, et en particulier avec les universités d'Afrique centrale. Pendant la période coloniale et les premières décennies après 1960, les universités belges étaient très actives au Congo. "Au cours des dernières décennies, cet engagement n'a cessé de s'éroder", a fait remarquer le groupe de travail.

À la demande des recteurs des onze universités belges, un groupe de travail interuniversitaire "Passé colonial de la Belgique" a été créé en août 2020, à la suite des répercussions en Belgique du mouvement "Black Lives Matter", des regrets exprimés par le roi Philippe le 30 juin et la constitution de la Commission parlementaire sur le passé colonial au Congo. Les experts membres ont été invités à réfléchir au rôle que les universités belges peuvent assumer afin de mieux comprendre le passé colonial du pays. Concrètement, "elles peuvent à la fois être des leviers pour favoriser la reconnaissance de notre passé, mais aussi fournir des explications scientifiques en la matière et enfin œuvrer à un travail de sensibilisation vaste et durable", indique le rapport.

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"Nouvelle étape dans le passé colonial"

Le président de la commission spéciale de la Chambre, Wouter De Vriendt, estime qu’il "est important de comprendre que le passé colonial a eu des conséquences de grande envergure qui ont encore une influence aujourd’hui. C’est une histoire de pillage économique, qui a aussi eu un impact considérable sur les traditions, les cultures et la psyché". De Vriendt attire l’attention sur les recommandations méthodologiques des experts. "Nous devons prendre le temps. Il s’agit d’un processus de longue haleine". Il faut aussi un large soutien et de la transparence de la part de la commission, précisait Wouter De Vriendt à VRT NWS.

Le député écologiste relève encore d’autres remarques des experts universitaires. "Il y a un manque frappant d’attention pour tous ceux qui se sont opposés à Léopold II et au colonialisme, tant au Congo qu’au Rwanda, au Burundi et en Belgique-même. Le manque de reconnaissance joue aussi un rôle important". De Vriendt retient également qu’il faudrait davantage de collaboration entre les historiens des quatre pays précités et que le colonialisme doit être mieux expliqué dans les écoles. Il parle également d’un "plan d’action contre le racisme et la discrimination".

Ce rapport lance le véritable travail de la Commission spéciale de la Chambre sur le passé colonial belge. Le rapport des universitaires sera présenté au Parlement, qui décidera des prochaines étapes d’action.

Courtesy Everett Collection

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