Un couple de milliardaires sauve le cinéma d’art et d’essai Sphinx à Gand

Un couple de Gantois a racheté le cinéma Sphinx qui échappe ainsi à une fermeture certaine. Ils ont utilisé l'argent récolté par la vente de leur entreprise. Le Sphinx est l'un des deux derniers cinémas de Gand qui projette encore des films d’art et d’essai.

L'emblématique cinéma Sphinx de Gand a été sauvé, grâce à son rachat par un couple de Gantois. En dehors du Studio Skoop, le Sphinx est le seul cinéma de Gand qui projette encore des films d'art et d'essai. "Nous avons vendu notre société informatique pour un bon montant, et avec le produit de la vente, nous voulions faire quelque chose qui ait du sens", explique le nouveau propriétaire du cinéma, Bruno Lowagie.

D'abord un investissement sportif et à présent un investissement culturel

Le couple n'est pas novice en matière d'investissements surprenants. Ils ont également acheté un club de boxe dans le quartier gantois de Sint-Amandsberg, qu'ils ont transformé en club de tennis de table, « Spartacus ». "Nous nous sommes dit : nous avons fait quelque chose dans le domaine du sport et à présent nous voulons faire quelque chose dans le domaine culturel, et le cinéma était un choix évident", explique Bruno Lowagie.

Bruno Lowagie et son épouse Ingeborg Willaert se sont installés à Gand en 1988 lorsqu’ils étaient étudiants. Ils y ont découvert le monde du cinéma au Decascoop (aujourd'hui Kinepolis) de l'époque. Grâce au Festival du film de Gand, ils ont rapidement trouvé le chemin des films moins traditionnels, qui sont projetés au Studio Skoop et au Sphinx. "Une semaine on n'y voyait que des films de Pasolini, la suivante c'était Kubrick. Pour des natifs de Flandre occidentale, c’est un tout nouveau monde qui s’ouvrait à nous", déclare Bruno Lowagie. "C'est à ce moment-là que notre amour pour le cinéma est né. Et pour nous c’était très important que cette salle d'art et d'essai reste à Gand."
 

Pas d'attente de rendements élevés

Le couple n'a pas l'ambition immédiate de faire du cinéma Sphinx une activité lucrative dans l'immédiat. "Nous le considérons davantage comme un investissement à long terme, pour les générations futures de cinéphiles", déclare encore Bruno Lowagie. Si nous le faisons bien, nous pourrons peut-être rentrer dans nos frais et améliorer le bâtiment.

Le couple n'a pas l'ambition de diriger lui-même le Sphinx. "Nous espérons que le gestionnaire actuel, Patrick Deboes, continuera à le faire", déclare Bruno Lowagie.

On ignore combien les entrepreneurs ont payé exactement pour le cinéma.
 

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