Les "sans-papiers" de l’église du Béguinage se sentent trahis par Sammy Mahdi

Selon les quatre représentants des sans-papiers qui ont entamé une grève de la faim l'été dernier, le Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi (CD&V) n’a pas respecté sa parole. Sur les 20 dossiers de régularisation des grévistes déjà traités, 15 ont déjà été rejetés, ce qui a provoqué la colère de ceux-ci. Les sans-papiers recommencent une action de protestation massive. L'avocat des droits de l'homme Alexis Deswaef et Sammy Mahdi ont expliqué leur point de vue ce mardi matin dans l’émission "De ochtend" sur Radio 1 (VRT).

Le 21 juillet dernier, les 4 représentants de sans-papiers - les avocats Alexis Deswaef et Marie-Pierre de Buisseret, le porte-parole de la Plate-forme citoyenne Mehdi Kassou et le prêtre de l'église du Béguinage Daniel Alliët – avaient été invités au cabinet du Secrétaire d'Etat Sammy Mahdi pour discuter du cas des personnes en grève de la faim depuis 60 jours dans l'église du Béguinage et à la VUB à Bruxelles. En raison de la déception suscitée par le traitement de leurs dossiers, les sans-papiers ont recommencé une action de protestation.

"Avec lui, nous avons passé en revue la situation concrète des sans-papiers et discuté des cas où la régularisation était possible et de ceux où elle ne l'était pas", a déclaré Alexis Deswaef, avocat spécialisé dans les droits de l'homme, dans "De ochtend" sur Radio 1. "Au final, nous avons obtenu des directives avec lesquelles nous avons pu nous rendre à l'église du Béguinage et les présenter aux grévistes. De cette façon, nous pouvions les persuader d'arrêter leur grève de la faim."
 

Pas de déclaration écrite

Aujourd'hui, 15 des 20 dossiers de régularisation déjà traités ont été rejetés. "Et ce alors que Sammy Mahdi a dit qu'ils pourraient conduire à une régularisation", poursuit Alexis Deswaef. "Ces négociations ne font jamais l'objet d'accords écrits, mais depuis 20 ans que je négocie avec les ministres, tout le monde a toujours tenu parole."

Sammy Mahdi affirme de son côté qu’il n'a jamais fait de promesse. "Il y a beaucoup de règles de migration", a-t-il répondu aux commentaires d'Alexis Deswaef. "Si, en tant que migrant, vous ne respectez pas les règles et que vous êtes sommé de quitter le territoire, il existe encore des cas exceptionnels où vous pouvez vous régulariser. Quand je dis à Alexis Deswaef qu'il y a certainement des éléments de certains grévistes de la faim qui peuvent être régularisés, cela ne veut pas dire que cela se fera de toute façon. Nous devons examiner chaque cas individuellement."

De nombreux éléments sont pris en compte : cette personne est-elle en Belgique depuis longtemps, a-t-elle de la famille ici, quels sont ses liens avec la Belgique et avec son pays d'origine, s'est-elle comportée décemment ici ou a-t-elle un casier judiciaire,... Tous ces éléments sont pris en compte pour éventuellement régulariser quelqu'un à titre exceptionnel, alors que cette personne n'a pas réellement suivi les règles."

"Je sais que Monsieur Deswaef aimerait beaucoup avoir des critères dans la loi qui stipulent qu'après un certain nombre d'années dans le pays, vous avez un droit automatique de rester en Belgique, mais alors ce conduira à un nouveau canal de migration", poursuit-il. "Ce n'est pas la politique que je veux mener, j'ai toujours été très clair à ce sujet".
 

Les plus consultés