Le collectif Extinction Rebellion bloque la Rue de la Loi à Bruxelles, 238 arrestations administratives

Alors que des marches étaient organisées ce samedi à Glasgow - en marge de la conférence climatique COP26 -, mais aussi dans d’autres villes du monde entier pour réclamer davantage d’actions concrètes des décideurs politiques pour enrayer le réchauffement climatique, des dizaines de militants écologistes du collectif citoyen Extinction Rebellion se sont rassemblés ce midi à la Rue de la Loi dans la capitale (photo). Ils se sont couchés sur le sol pour protester contre la politique climatique actuelle. L’action a engendré des embarras de circulation. La police a finalement procédé à 238 arrestations administratives, l'action n'ayant pas été autorisée.

Extinction Rebellion avait appelé à une occupation de la rue de la Loi, samedi vers 12h, dans le cadre d'une action baptisée "Time4rage". Les militants ont dénoncé une réponse politique qu'ils estiment "désastreuse" face à la crise écologique. "Par cette action de désobéissance civile non violente, le mouvement a voulu exprimer sa colère après des années de protestations, de grèves des élèves, et de pétitions. Nos politiciens ne restent pas inactifs, ils aggravent le problème en soutenant des industries nuisibles", a encore déclaré le mouvement ce samedi soir. 

Un important contingent de policiers avait été mobilisé sur place dès la matinée. Des combis de police ont bloqué un large tronçon de la rue de la Loi, au-delà de la zone neutre. "Nous avons eu contact avec l'organisation et avons proposé de tenir une action statique, mais cela a été refusé", a expliqué la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles. "Comme une partie de la rue de la Loi se trouve dans la zone neutre, les accès ont été contrôlés. Plusieurs véhicules ont été fouillés avec pour but d'interpeller et d'identifier les personnes en possession d'objets pouvant servir au blocage." 

Des policiers, dont certains accompagnés de chiens, appuyés par un hélicoptère qui survolait la zone, ont procédé à l'arrestation administrative des militants, qui s'étaient couchés sur la route. Tous ont été arrêtés, selon la police, puis libérés quelques heures plus tard. Ils étaient au total 238. Les manifestants ont voulu marquer leur mécontentement face à ce qu'ils estiment être un manque de courage des responsables politiques pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique, alors que se tient la COP26 à Glasgow. 

"De plus en plus d'hommes politiques internationaux donnent l'impression de reconnaître l'urgence de la situation lorsqu'on les entend parler aujourd'hui. Pourtant, il existe un fossé énorme entre leurs paroles et leurs actes. Trop souvent, ils font le contraire de ce qu'ils devraient faire pour que notre planète reste habitable", a déclaré Xavier De Wannemaeker, porte-parole d'Extinction Rebellion. Le groupe cite notamment "les usines à gaz subventionnées de la ministre fédérale Tinne Van der Straeten", "l'extension de l'aéroport de Liège pour le géant du commerce électronique Alibaba" ou encore "le pipeline reliant la Ruhr au port d'Anvers pour lequel des réserves naturelles doivent être sacrifiées".

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le collectif Extinction Rebellion avait déjà mené une action à Bruxelles en remplaçant une cinquantaine d'affiches publicitaires "pour dénoncer le discours moralisateur qui rejette la responsabilité de la crise écologique sur les citoyens", selon un communiqué diffusé consécutivement. Les affiches avaient été remplacées par des posters comportant des slogans, tels que "Marre du secteur financier pour qui le profit passe avant la vie?" ou encore ""Marre qu'on te dise de moins polluer alors que tous les emballages sont en plastique ? Libère ta rage de vivre", selon des images de l'action transmises à l’agence Belga.

"L'accent moralisateur mis sur la responsabilité individuelle n'a jamais été qu'une distraction. Les dirigeants que nous avons élus doivent désormais nous écouter, nous, les citoyens, au lieu de littéralement jeter de l'huile sur le feu pour le seul bénéfice de quelques grandes entreprises", expliquait le porte-parole d'Extinction Rebellion. "Nous demandons la création d'un Parlement Citoyen souverain, au sein duquel les citoyens élus pourront eux-mêmes formuler les mesures nécessaires à une transition écologique socialement juste".

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Des citoyens ont marché à Bruxelles pour le climat

Des passants ont été invités, ce samedi matin, à marcher quelques minutes sur des tapis de course, installés sur la place de la Monnaie à Bruxelles. Une manière de participer virtuellement à la Marche mondiale pour le climat qui avait lieu au même moment à Glasgow, en Écosse.

Youth for Climate et Oxfam Belgique avaient organisé cette action symbolique et interactive, pour être vus et entendus à distance dans la capitale écossaise. C'est là que se tient actuellement le sommet sur le climat COP26 et ce samedi, alors que la première semaine du sommet touche à sa fin, des dizaines de milliers de militants descendent dans les rues pour la Marche mondiale pour le climat. Cette marche a lieu à la fois physiquement et virtuellement. Des photos et vidéos du monde entier seront diffusées pour donner la parole à ceux qui ne pourront pas y assister.

C'est ainsi que Youth for Climate et Oxfam Belgique avaient installé deux tapis de course sur la Place de la Monnaie à Bruxelles, entre 10h30 et 12h00. Les passants - Bruxellois, Belges de passage à Bruxelles ou touristes - ont ainsi pu participer à la marche. Des clichés des participants et participantes, marchant en brandissant des slogans et des symboles du combat pour cette cause, ont été pris. Ils seront envoyés et diffusés à Glasgow.

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