Le parquet de Gand enquête sur deux affaires de viol dans des cafés

La police et le parquet de Flandre orientale ont ouvert une enquête sur deux affaires de viol présumé dans deux cafés gantois. Il s’agit de deux incidents distincts, dont le second se serait produit dans la nuit de vendredi à samedi. L'organisation Meldet appelle d’ailleurs à venir manifester ce dimanche soir pour dénoncer les violences sexuelles fréquentes dans les cafés et bars gantois. C’est le viol déclaré d'une femme fin octobre - la première des deux affaires sous enquête - qui a déclenché cette action. Une lettre ouverte sera déposée à l'hôtel de ville gantois.

Le premier des deux incidents qui font l’objet d’une enquête du parquet gantois remonte au 24 octobre. Une jeune femme majeure avait été retrouvée dans le parc Coyendans, où elle a vraisemblablement été victime d’un viol. Elle aurait probablement reçu auparavant une boisson contenant une substance narcotique, dans un café où elle s’était rendue au Beestenmarkt de Gand.

La victime est allée faire rapport du viol à l’organisation Meldet, qui rassemble les données sur les cas de violences sexuelles.

Le second incident date de la nuit de vendredi à samedi. Une jeune femme de 18 ans a été retrouvée samedi matin dans le quartier estudiantin de Gand, qui déclarait avoir été victime d’une agression sexuelle dans le café Elixir.

Le porte-parole de la police, Bart De Cocker, confirme qu’une femme a fait une déposition pour viol samedi matin. "C’est horrible que pareille chose puisse se produire. Il va de soi que nous prenons l’affaire très au sérieux et que nous allons faire tout ce que nous pouvons".

La police a lancé une enquête pour viol et a réclamé les images des caméras de surveillance du café où le viol se serait produit. La jeune femme a été accueillie au Centre de soins après violences sexuelles de l’hôpital universitaire de Gand.

Les exploitants des établissements situés sur la rue Overpoort (photo), un lieu de sortie fréquenté avant tout par les étudiants, soutiennent la lettre ouverte que l’organisation Meldet a publiée et affirment vouloir collaborer pour combattre "la culture du viol, dans laquelle un comportement inacceptable est normalisé".

"Depuis la réouverture complète des bars, cafés et restaurants le 1er octobre, nous constatons qu’il y a de plus en plus de comportements qui dépassent les limites", indiquent les gérants. Ils souhaitent que les clients puissent s’adresser au personnel des bars et cafés s’ils sont victimes de pareils comportements, surtout dans le quartier estudiantin. Tim Joiris, président de la section de Flandre orientale de Horeca Vlaanderen, réclame une concertation rapide avec l’administration communale et le Conseil de la vie nocturne de Gand.

Manifestation à Gand pour dénoncer les violences sexuelles

L'organisation Meldet appelle à venir manifester ce dimanche à 18h pour dénoncer les violences sexuelles fréquentes dans les cafés et bars gantois. Elle estime que la réaction de la police de Gand aux faits était insuffisante. Elle insiste pour que l'agression sexuelle ne soit pas relativisée. "Nous savons qu'il ne s'agit pas d'un fait isolé, et nous reconnaissons qu'il existe un énorme problème de harcèlement et de violence sexuelle dans le monde de la nuit", est-il écrit dans une lettre ouverte signée par les gestionnaires d'une quarantaine de cafés gantois.

La manifestation est organisée depuis le Gentse Vrijdagmarkt jusqu'à l'hôtel de ville de Gand, où la lettre ouverte sera déposée. Les agressions sexuelles dans les bars et cafés font l'actualité depuis la mi-octobre, avec la dénonciation de tels actes dans deux bars du cimetière de la commune bruxelloise d'Ixelles, au Waff et à El Café. Depuis lors, les témoignages de femmes droguées et violées dans des bars se multiplient, sous le hashtag "#balancetonbar".

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