Agressions sexuelles dans des cafés : la ville de Gand cherche des solutions

Quelque 600 personnes ont pris part dimanche soir à Gand à la manifestation contre les agressions sexuelles, a compté la police locale. Le cortège est parti du Vrijdagmarkt pour se rendre à l'hôtel de ville afin de remettre une lettre ouverte aux autorités locales. Les initiateurs souhaitent attirer l'attention sur les victimes de telles agressions après deux cas déclarés de viol dans des cafés gantois. Police et parquet ont ouvert une double enquête. "Nous devons peut-être aménager les cafés autrement", suggère l’échevine Sofie Bracke. La ville de Gand veut participer activement à la concertation avec le secteur pour lutter contre un phénomène qui semble avoir pris de l’ampleur depuis les assouplissements qui ont fait suite au confinement.

Les deux incidents d’agression sexuelle dans des cafés gantois sont actuellement examinés par le parquet de Flandre orientale. Une première affaire remonte à fin octobre lorsqu'une femme aurait bu à son insu une substance suspecte avant d'être violée dans un parc. La police a été confrontée ce week-end à un nouveau cas probable d'abus sexuel dans le quartier animé Overpoort.

Les gérants des établissements situés dans ce quartier fréquenté surtout par des étudiants soutiennent le contenu de la lettre ouverte. Ils veulent collaborer contre ce qu'ils décrivent comme une "culture du viol", qui tend à normaliser des comportements déviants. Ils demandent que les patrons de cafés soient plus rapidement alertés quand des incidents se produisent, afin d'intervenir et d'offrir leur soutien.

Sofie Bracke (Open VLD), échevine pour l’Horeca et la Vie nocturne à Gand, admettait ce lundi - dans l’émission "De ochtend" (VRT) - que la situation est problématique et que la prévention pourrait être accrue. "Nous allons voir ce lundi comment organiser ces prochains jours une concertation, avec le bourgmestre, la police, le secteur Horeca, l’organisation qui gère le point de contact gantois Meldet, ainsi que quelques organisateurs de la marche de protestation de ce dimanche "

"Nous devons voir ce qu’il est possible de faire. Devons-nous revoir l’aménagement des cafés, bars et restaurants afin qu’il n’y ait plus de coins sombres ? Nous devons aussi étendre les possibilités de formation pour les gérants de cafés et il faut lancer une large campagne de sensibilisation. Il s’agit de fixer des limites, mais aussi de respecter ces limites", résumait Sofie Bracke.

Faire une déposition

L’échevine Bracke (photo) souligne que la ville de Gand a déjà pris plusieurs mesures. "Nous avons établi une charte, qui porte surtout sur la sensibilisation. Il y a déjà eu des formations pour le secteur Horeca, sur la façon d’identifier les stupéfiants, le racisme et la consommation excessive d’alcool. Mais aussi sur la façon de repérer que des femmes sont importunées".

Les organisateurs de la marche de dimanche soir demandent des moyens supplémentaires à la police. D’après Sofie Bracke, lors des négociations budgétaires la police s’est déjà vu allouer des moyens supplémentaires pour lutter contre les violences sexuelles. Et ce soutien financier sera encore accru. L’échevine encourage en tous cas à déposer plainte à la suite de chaque agression sexuelle.

"Pour les petits comme pour les grands incidents. Trop de choses passent encore sous le radar. Il est important de signaler quand on se fait toucher à son insu, ou suivre. Ce sont des incidents qui augmentent le sentiment d’insécurité. Nous pourrons ainsi mieux établir où, quand et dans quel contexte des choses se passent", concluait l’échevine Bracke.

NICOLAS MAETERLINCK

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