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Réactions mitigées à l'accord sur le changement climatique conclu à la COP26 de Glasgow

"Il y a beaucoup à dire sur l'accord. Des déceptions, mais également de notables motifs de satisfaction. A nous désormais de tirer le meilleur parti des différents éléments de l'accord", a réagi samedi soir la ministre belge du Climat, Zakia Khattabi (Ecolo), depuis Glasgow.

Cette dernière se réjouit notamment que l'objectif de 1,5°C inscrit dans l'accord de Paris ait été bétonné et que les règles de collaboration au niveau international aient été définies. "Ces règles, fixées après six ans de discussion, contribueront à garantir la transparence et la responsabilité des parties et par là contribuer à une plus grande confiance réciproque dans le processus", a-t-elle souligné.

La ministre salue également la référence à la transition juste; la reconnaissance de l'importance de l'intégrité de tous les écosystèmes et celle du rôle que jouent les peuples indigènes, les jeunes, les femmes ou plus généralement la société civile.

"Cet accord est imparfait. Il s'agit d'un compromis entre 197 Etats. Mais il contient les fondations de politiques plus ambitieuses. Il appartient désormais à toutes les régions et à tous les États d'assumer leurs responsabilités. Je choisis pour ma part de me tourner vers l'avenir et d'en tirer le meilleur parti pour plus d'ambition et d'actions concrètes, dans l'intérêt de toutes et de tous, aujourd'hui et demain, ici et ailleurs", a conclu Zakia Khattabi.

De nombreuses ONG’s jugent l'accord décevant et critiquent le travail de la Belgique

Pour Greenpeace, le "fragile et faible accord final" n'offre "aucune réponse à une crise climatique déjà menaçante".

Greenpeace Belgique a également critiqué le "mauvais travail" de notre pays. "C'est surtout la Flandre qui traîne les pieds", a déclaré Joeri Thijs, porte-parole de Greenpeace Belgique. "La ministre flamande de l'environnement, Zuhal Demir, a même été jusqu’à demander un objectif climatique inférieur pour notre pays lors du sommet. C'est carrément honteux."

Greenpeace Belgique appelle les différents gouvernements du pays à travailler ensemble. "Les progrès sur la scène climatique internationale sont déterminés par les ambitions nationales des pays. L'effort climatique belge doit être réparti le plus rapidement possible et converti en politiques puissantes et mutuellement cohérentes à tous les niveaux. Après tout, en 2022, tous les pays devraient faire preuve d'une plus grande ambition afin de combler l'écart avec l'objectif de 1,5 degré Celsius", conclut Joeri Thijs.

Réduction progressive de l’utilisation du charbon

L’accord appelle à une réduction de l’utilisation du charbon (sans technique de capture du carbone) et de la fin des "subventions inefficaces aux combustibles fossiles".Mais la formulation finale sur le charbon et les énergies fossiles, quoiqu’inédite dans une décision de COP, a été édulcorée et affaiblie au fur et à mesure des négociations, sous la pression de l’Inde et de la Chine, entre autres.
C’est historique que le charbon soit dans l'accord", a déclaré Yelter Bollen du Bond Beter Leefmilieu à la VRT. "Mais il est dit que son utilisation doit être réduite et non supprimée progressivement. Il ne dit pas non plus quand cela doit se produire. Tout cela est très faible".

Le WWF reconnait que "des progrès ont été réalisés", mais déplore des "décisions faibles dans un certain nombre de domaines importants, notamment l'adaptation au changement climatique, les pertes et dommages qu'il engendre et le financement climatique" des pays développés, historiquement responsables du réchauffement climatique, aux pays pauvres.

Sur ce dernier point, le "Pacte de Glasgow" prévoit un doublement, d'ici 2025, du financement climat international pour l'adaptation des pays du Sud aux conséquences du dérèglement climatique. Mais sur le financement climat en général, aucun objectif chiffré n'a encore été fixé pour l'après-2025 alors que les pays développés ont échoué à remplir leur promesse d'atteindre 100 milliards de dollars annuels en 2020.

Oxfam dénonce un rendez-vous manqué. "Les pays du Sud, qui représentent plus de 6 milliards de personnes, ont proposé un mécanisme de financement des pertes et dommages pour financer la reconstruction après des événements climatiques extrêmes liés au changement climatique. Non seulement les pays riches ont bloqué cette proposition, mais tout ce qu'ils ont accepté, c'est un financement limité pour l'assistance technique et un 'dialogue'", regrette l'ONG.
Pour le réseau d'ONG Climate Action Network (Can), l'Europe et l'Union européenne "ont échoué à peser de tout leur poids pour soutenir collectivement les avancées dont les pays et les communautés vulnérables ont si désespérément besoin en matière de financement des pertes et dommages".

Toutes soulignent cependant la possibilité de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. "Mais la fenêtre se referme rapidement, il est donc temps pour les dirigeants et dirigeantes du monde entier de tenir toutes leurs promesses pour garantir l'avenir que nous voulons et méritons toutes et tous", conclut le WWF.
 

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