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Fête du Roi : la reine Paola, le roi Albert et le prince Laurent au Te Deum

De 50 à 100 personnes étaient réunies avec distanciation sociale, ce 15 novembre à 10h, au sein de la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles, pour chanter le Te Deum à l'occasion de la Fête du roi. Il s'est tenu en présence de la reine Paola et du roi Albert, ainsi que de leur fils cadet le prince Laurent. Au Parlement, les souverains retraités ont pris part à l’évocation du centenaire de la présence de femmes en politique belge.

Aux premiers rangs figuraient le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD), la présidente de la Chambre des Représentants Eliane Tillieux (PS) et la présidente du Sénat Stéphanie D'Hose (Open VLD). Il y avait encore l'ancien ministre fédéral Pieter De Crem ( CD&V) et des représentants religieux, du catholicisme ou encore du judaïsme et de l'islam.

Des policiers qui manifestaient notamment pour une revalorisation salariale ont hué l'arrivée des représentants politiques sur la place. Celle des membres de la famille royale a eu lieu en haut des marches de la cathédrale.

L'homélie du cardinal et archevêque de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles, Jozef De Kesel, a parlé de sagesse. "La sagesse est bien plus que du bon sens. La sagesse, c'est savoir, dans l'exercice de ma responsabilité, être à l'écoute avec attention et bienveillance. C'est être capable d'avoir une vue d'ensemble et d'opérer un bon discernement. C'est aussi tenir compte, non pas de mes propres intérêts, mais du bien commun dans les décisions à prendre."

Le cardinal a souhaité que les personnes amenées à prendre des décisions dans les institutions du pays et les rencontres internationales, comme la conférence sur les changements climatiques de Glasgow (COP26) qui vient de se terminer, puissent remplir leur mission avec la plus grande sagesse.

Des enfants issus de deux écoles néerlandophones d'Ixelles et Halle ont accueilli sur le haut des marches les membres de la famille royale à leur sortie. Des adultes étaient aussi présents parmi eux. La reine Paola et le prince Laurent sont allés à leur rencontre. Ils ont reçu des bouquets de fleurs. Les policiers qui manifestaient avaient été déplacés à l'arrière de la cathédrale. Ils ont tourné le dos aux représentants politiques à leur sortie.

100 ans de présence des femmes en politique

La Fête du Roi a été l'occasion cette année de mettre en avant 100 ans de présence de femmes en politique. Il y a un siècle, la socialiste Marie Janson était la première femme désignée dans un parlement belge, le Sénat en l'occurrence et par cooptation sur proposition du président du Parti ouvrier belge, Emile Vandervelde. Le Premier ministre Alexander De Croo, la présidente de la Chambre Eliane Tillieux, et sa collègue du Sénat Stephanie D'Hose, ont rappelé devant le roi Albert et la reine Paola - venus au Parlement en ce jour de la Fête du roi - les jalons posés pour tendre vers une égalité entre homme et femme en politique et évoqué quelques-unes des figures marquantes de ce combat.

La Chambre des représentants compte aujourd'hui un peu plus de 40% de femmes, contre 12% en 1995 alors que la moyenne mondiale s'établit à 25%. Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles compte plus de femmes que d'hommes tandis que le gouvernement fédéral est paritaire. La route a été longue: il a fallu attendre 1928 pour qu'une femme soit élue à la Chambre, la socialiste Lucie Dejardin, le suffrage des femmes remonte à 1948 - la Belgique est alors à la traîne en Europe -, ce n'est qu'en 1965 qu'une femme entre dans un gouvernement, en la personne de la sociale-chrétienne Marie De Riemacker-Legot, et reçoit le portefeuille de la Famille.

En 1977, Antoinette Spaak était la première femme présidente de parti (le FDF, ex-DéFI) et en 2019 seulement une femme devenait Première ministre - la libérale Sophie Wilmès -, tandis qu'un an plus tard une femme occupait enfin le perchoir de la Chambre. Deux lois ont favorisé l'émergence des femmes en politique. En 1995, une loi imposait un tiers de présence de l'un des deux sexes sur les listes électorales avant la parité obligatoire en 2002.

"L'introduction de quotas était nécessaire", a souligné Alexander De Croo selon qui "ces lois ont équilibré le rapport de forces". "De nos jours, le paternalisme dans l'attribution des portefeuilles ministériels a disparu", a-t-il affirmé. A ses yeux, du chemin reste à parcourir dans d'autres secteurs, dont les conseils d'administration et les directions des universités.

"Le combat sera gagné lorsqu'il n'y aura plus lieu de consacrer une journée aux droits des femmes", a fait remarquer Mme Tillieux. La cause des femmes ne s'arrête pas aux institutions. La pandémie et le confinement ont mené à une aggravation des violences conjugales, a-t-elle rappelé. "Et dans notre société patriarcale, une femme peut être poussée dans la pauvreté, surtout si elle est seule".

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