© Wim Feyaerts

Le gouvernement s'accorde sur l'obligation vaccinale des soignants

Le comité ministériel restreint s'est accordé lundi en fin de soirée sur les modalités de l'obligation vaccinale du personnel soignant. Une phase transitoire s'appliquera entre le 1er janvier et le 31 mars, avant une obligation pleine et entière à partir du 1er avril. En cas de refus de vaccination, le personnel soignant sera licencié, tout en ayant droit à des allocations de chômage. Interviewée lundi soir par VRT NWS, Margot Cloet de l’organisation de soins Zorgnet-Icuro se montrait satisfaite, estimant que toute personne qui travaille dans le secteur de la santé - y compris du personnel qui n’est pas affecté directement aux soins des personnes - doit être vaccinée, et par extension toute la population. Selon elle, c’est la seule façon de venir à bout du coronavirus.

Entre le 1er janvier et le 31 mars (période de transition), les membres du personnel soignant devront attester soit du vaccin contre le Covid-19, soit avoir passé un test PCR dans un délai de 72 heures. Ceux qui ne rentreraient pas dans ces conditions bénéficieront du chômage temporaire corona.

Dès le 1er avril 2022, l'obligation s'appliquera pleinement. Le personnel qui ne serait toujours pas vacciné sera dès lors licencié de plein droit et bénéficiera du chômage classique avec maintien de l'ancienneté et des droits. Le texte doit passer au conseil des ministres vendredi et être soumis au Conseil d'État.

"La grande majorité des personnes qui travaillent dans le secteur des soins se sont fait vacciner. Nous leur sommes très reconnaissants, mais il n’est pas possible qu’une petite minorité du personnel ne soit toujours pas vaccinée. Nous donnons à ces personnes jusqu’au 1er avril de l’an prochain pour s’exécuter, afin que tout le personnel des soins de santé soit vacciné", explicitait le ministre fédéral de la Santé publique Frank Vandenbroucke.

ROBIN UTRECHT

"Il ne s’agit encore que du personnel soignant"

Margot Cloet (photo) de l’organisation coupole de soins Zorgnet Icuro réclamait de longue date déjà cette vaccination obligatoire et approuve la décision du cabinet restreint. Elle estime cependant que le gouvernement doit aller plus loin.

"Nous avons toujours réclamé une vaccination obligatoire pour le personnel des soins. Et cette décision ne concerne que ce personnel qui assume les soins. Elle ne concerne pas les personnes qui apportent un soutien logistique dans les hôpitaux ou les maisons de repos et soins, ou les travailleurs sociaux. Mais je pense qu’il est aussi nécessaire d’imposer la vaccination aux autres métiers - les personnes qui travaillent dans le secteur des soins mais ne dispensent pas à proprement parlé des soins. Nous devons réfléchir à une vaccination imposée aux personnes travaillant dans le secteur des soins au sens large, ensuite à l’ensemble de la population. Cela me parait être le seul moyen de nous débarrasser du coronavirus", précisait Cloet.

Les syndicats du personnel soignant critiquent par contre sévèrement l’introduction de l’obligation vaccinale pour le secteur. Le syndicat chrétien francophone CNE parle de "déclaration de guerre" du gouvernement et annonce des actions de protestation.

Les hôpitaux veulent un durcissement des mesures sanitaires

Alors que les hôpitaux devront repasser, d'ici vendredi, en phase 1B et ainsi réserver la moitié des lits de soins intensifs aux patients Covid, les fédérations hospitalières demandaient lundi soir, dans un communiqué commun, de durcir les mesures sanitaires et d'envisager la vaccination obligatoire. "L'afflux de patients Covid n'est pas le seul souci des hôpitaux. Le manque important de personnel crée une situation des plus pénibles", ont dénoncé les coupoles hospitalières belges Gibbis, Santhea, Unessa et Zorgnet-Icuro, qui pointent une surcharge du personnel médical de première ligne, avec pour conséquence un système de soins "de plus en plus fragile".

Les hôpitaux expliquent ce manque de bras notamment par des collaborateurs contaminés ou en quarantaine, des infections ordinaires ainsi qu'un absentéisme à moyen ou long terme lié la fatigue intense accumulée depuis mars 2020. "Un cercle vicieux s'installe et menace de plus en plus de faire chavirer le système des soins de santé", avec des médecins généralistes qui ne parviennent plus à tenir le rythme et des urgences déjà surchargées qui doivent s'occuper des patients non urgents, insistent les signataires.

Les fédérations hospitalières demandent dès lors au Comité de concertation - qui réunit des représentants du gouvernement fédéral et des entités fédérées - de prendre des mesures "radicales et durables" sur une période "suffisamment longue". Elles estiment en outre qu'il faut envisager la vaccination obligatoire de l'ensemble de la population et ne plus repousser le débat sociétal en la matière. Enfin, les hôpitaux s'adressent également à la population pour l'encourager à se faire vacciner et à respecter les mesures sanitaires. "Tout le monde peut contribuer à la préservation du système des soins de santé en se faisant vacciner, en respectant les gestes barrières et en limitant le nombre de ses contacts", concluent-ils.

arie kievit

Les plus consultés