Un Comité de concertation qui marquera le retour des restrictions

Les représentants des gouvernements fédéral, régionaux et communautaires se retrouvent ce mercredi à 14h30 au Palais d'Egmont pour un Comité de concertation consacré à la situation sanitaire. La réunion devrait marquer le retour rapide des restrictions après les assouplissements des derniers mois. Il n'est pas question à cette heure d'un nouveau confinement, mais un tour de vis s'annonce pour contenir la propagation du virus.

Comme durant les vagues précédentes, ce sont les chiffres des hôpitaux qui sont tenus à l'œil afin d'éviter la saturation du réseau. Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (photo), a fait état mardi d'une situation qui continue à se détériorer. Actuellement, 2.693 patients sont à l'hôpital, dont 557 en soins intensifs. Qui plus est, 165 lits ne sont plus disponibles par manque de personnel dans les soins intensifs. Les soignants sont mis à rude épreuve depuis le début de la crise sanitaire et une partie d'entre eux manque à l'appel par surmenage, burn out ou tout simplement parce qu'ils ont contracté la maladie. "Ce qui me revient des hôpitaux est très inquiétant. Je veux avertir la population du sérieux de la situation", a déclaré Vandenbroucke en commission de la Chambre.

Lundi, un comité ministériel restreint fédéral a déjà débouché sur l'annonce de nouvelles mesures ou propositions à faire au Comité de concertation. Un cadre a été approuvé pour mettre en œuvre l'obligation vaccinale des soignants. Il a provoqué la colère des syndicats. Le télétravail au moins 4 jours par semaine devrait également être imposé, même s'il suscite l'hostilité du patronat.

Un rapport du groupe GEMS, révélé lundi dans la presse, recommande une série de mesures strictes. Outre le télétravail, ces experts qui conseillent le gouvernement plaident par exemple pour une nouvelle fermeture du secteur de la nuit - pourtant rouvert depuis peu - et des activités les plus risquées où le masque et les distances de sécurité ne peuvent pas être respectés. La rigueur de la mesure n'est guère soutenue dans le monde politique jusqu'à présent, mais des conditions plus strictes seront vraisemblablement imposées.

Autre consigne: le port du masque pour les élèves dès l'âge de 9 ans. Les ministres de l'Enseignement n'y sont pas favorables et, dans la majorité, le PS a fait savoir qu'il s'y opposait catégoriquement, tandis que Frank Vandenbroucke a averti qu'il faudra prendre des mesures "partout".

Si la mesure ne passe pas, de manière générale, le port du masque se généralisera combiné aux autres gestes barrière et à la ventilation. Un constat s'impose en effet: le seul Covid Safe Ticket n'est pas suffisant pour garantir la sécurité sanitaire.

L'obligation vaccinale n'est pas inscrite telle quelle à l'ordre du jour, mais de plus en plus de voix s'élèvent en sa faveur. Dans les rangs du PS, de Groen ou du CD&V, plusieurs ministres estiment aujourd'hui qu'il faut ouvrir le débat. Mardi après-midi, c'est le président du PS, Paul Magnette, qui a souligné qu'à ses yeux il s'agissait de la seule solution cohérente. Le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, mettra donc le dossier sur la table.

Il n'y a toutefois pas de consensus. Aux yeux du Premier ministre, Alexander De Croo, il s'agit d'une "fausse bonne idée" impossible à mettre en œuvre. La vaccination demeure toujours aussi importante quoi qu'il en soit. D’après le ministre fédéral de la Santé, sans elle, la Belgique ressemblerait aujourd'hui au Bergame du début de la pandémie.

Florian Van Eenoo/Photo News

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