Protestations à Brussels Airlines lors de la présentation du nouveau logo

Une centaine de travailleurs et travailleuses de Brussels Airlines ont mené une action jeudi matin à proximité du hangar où a été présenté le premier avion de la compagnie arborant le nouveau logo, dévoilé il y a quelques jours déjà. Ils ont accueilli les dirigeants de l'entreprise par une haie du déshonneur en leur tournant le dos, dénonçant une "opération marketing qui leur laisse un goût amer".

Brussels Airlines a donc officiellement présenté jeudi sa nouvelle identité de marque, "confirmant sa position sur le marché en tant que compagnie aérienne nationale de la Belgique". L'entreprise se félicite du début de ce "nouveau chapitre", signe, selon elle, qu'elle est "prête à relever les défis futurs". Le logo a radicalement changé, le fameux "B" constitué de boules rouges ayant disparu et laissé la place à un "Brussels" bien plus visible que le mot "Airlines".

À noter d'ailleurs que le journal polonais Gazeta a interpellé la compagnie belge via Twitter pour la forte ressemblance du logo constitué de boules rouges avec le sien.

Une partie du personnel, tant pilotes que personnel de cabine, se montre en tous cas très critique face à cette évolution et surtout le moment choisi. "Les gens ont tourné symboliquement le dos au bâtiment", a expliqué Olivier Van Camp, du syndicat socialiste BBTK/Setca. "Nous ne sommes pas contre un nouveau logo en soi, car le renouvellement n'est pas un problème. Mais le timing n'est pas bon."

Rassemblés devant le hangar où a été présenté le premier avion au nouveau logo, ces travailleuses et travailleurs - qui sont tous venus sur leurs congés, soulignent les syndicats - estiment que les aides publiques reçues par la compagnie -290 millions d'euros- "auraient pu être mieux allouées et améliorer les conditions de travail du personnel".

Brussels Airlines assure cependant que cette aide d'État ne sera pas utilisée dans le cadre de cette opération, dont elle estime le montant à un peu plus de 300.000 euros. Celle-ci se fera d'ailleurs en plusieurs phases, jusque 2024, afin d'éviter de devoir repeindre tous les avions (38 dans la flotte) en même temps. Les appareils ne seront en effet pas repeints avant leur date d'échéance, afin de ne pas gaspiller d'argent, de ressources ou de peinture.

La compagnie souligne d'ailleurs avoir toujours eu à cœur de réduire un maximum les coûts de cette opération.

Pour le front commun syndical, il y avait "d'autres priorités". "L'argent aurait pu être mieux dépensé", soutient ainsi Tim Roelandt, du syndicat libéral ACLVB/CGSLB. Il évoque la situation du personnel, qui a traversé plusieurs restructurations (Reboot, Reboot+), été placé en chômage temporaire pendant la crise du coronavirus et qui a subi une lourde charge de travail l'été dernier.
"Les travailleurs veulent envoyer un signal aujourd'hui. Nous espérons que cela ne tombera pas dans l'oreille d'un sourd. Avant tout, nous voulons une solution pour l'été prochain", dit-il.

La disparition du "b" est la goutte d'eau qui fait déborder le vase

"'C'est un ras-le-bol installé au sein des travailleurs depuis la reprise des activités pendant l'été. Le personnel est à bout!", résume Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE. La disparition du "b" (et de sa référence, selon les travailleurs, à la Belgique) a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

Le représentant du syndicat chrétien dénonce en outre des horaires pour les fêtes de fin d'année qui sont "intenables", prenant l'exemple de pilotes avec 20 ans d'ancienneté auxquels la compagnie demande de voler à Noël et au Nouvel An.
Les pilotes ont d'ailleurs demandé une conciliation au SPF Emploi pour régler certains points de désaccord avec la direction, a-t-on appris jeudi. Si les deux parties ne devaient pas parvenir à s'entendre, cela pourrait donner lieu à des grèves dans les prochaines semaines.
Le front commun se demande ainsi s'il ne fallait pas plutôt investir dans le bien-être au travail du personnel ou dans une révision des règles de rémunération, qui ont entraîné des baisses de salaires de 300 à 500 euros pour les stewards et hôtesses et de 5 à 6% pour les pilotes. Il souhaiterait aussi que soient revues les règles de temps de travail "qui ont poussé à bout le personnel de cabine lors de la dernière période estivale".

De petites actions contre cette charge du travail avaient déjà eu lieu pendant l'été, mais il n'y a toujours pas de solution structurelle, constate Paul Buekenhout, de l'ACV Puls. "Le mécontentement est profond", déplore le représentant du syndicat chrétien flamand, qui appelle la direction de Brussels Airlines à discuter de solutions structurelles pour le personnel.
Autant de sujets dont la compagnie dit être consciente et qu'elle traite au sein des organes de concertation compétents.
 

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