Les écoles fortement touchées par la nouvelle vague de coronavirus

D’après les chiffres c’est le secteur de l’enseignement avec celui des soins de santé, qui sont désormais les secteurs les plus touchés par les contaminations. Les directeurs d'école doivent jongler pour trouver des solutions créatives lorsqu'un énième enseignant est absent après une infection ou un contact à risque. Deux directeurs d'école primaire et un directeur d'une école polyvalente témoignent : "Nous n'avons jamais eu autant de contaminations parmi les enseignants".

Au cours des deux dernières semaines, entre 1 500 et 2 000 infections pour 100 000 membres du personnel ont été détectées tant dans l'enseignement que dans les soins de santé. Alors que dans la population active générale, on compte environ 1 300 infections. Le taux d'infection n'a jamais été aussi élevé dans l’enseignement.

C'est tangible sur le terrain. À l'école polyvalente de Driespan, dans la région de Wingene, Ruiselede et Zwevezele, en Flandre occidentale, le directeur coordinateur Lieven Verkest a même dû fermer toute une école. "Il y avait une infection groupée parmi les enseignants. Dans une équipe de dix enseignants, quatre ont été infectés et trois ont dû être mis en quarantaine", a expliqué Lieven Verkest.

L'école polyvalente compte environ 100 classes. "En ce moment, treize enseignants sont absents", poursuit Lieven Verkest. "Et je crains que la situation ne s'inverse pas immédiatement." Verkest est donc favorable à une vaccination obligatoire pour l'ensemble de la population.

Pour Viviane Wouters, directrice de l'école primaire communale De Vlieger à Kasterlee (Anvers), chaque jour apporte une nouvelle surprise : "Tous les matins, nous avons une peur bleue : allons-nous recevoir un nouvel appel d’enseignants qui ne peuvent pas venir ? Toute la journée, nous cherchons des solutions pour tout organiser." Lundi, huit des trente-deux membres du personnel étaient absents. Trois d'entre eux ont repris le travail quelques jours plus tard, tandis que deux autres enseignants étaient absents entre-temps.
 

Solutions créatives

Viviane Wouters est fière que son équipe se donne tant de mal pour faire face à toutes ces absences : "Les enseignants qui travaillent quatre cinquièmes, renoncent spontanément à leur jour de congé. Les professeurs d'éducation physique donnent également un coup de main quand ils le peuvent." Néanmoins, Wouters a dû fermer une classe de maternelle cette semaine car aucune autre solution n'était possible.

Bert Reyns, directeur de trois écoles primaires du Leercollectief de Hamme (Flandre orientale), a également dû informer les parents cette semaine qu'une classe de maternelle devait fermer. Il a toujours essayé d'éviter les fermetures par des solutions créatives : "Nous avons déjà dû réunir des classes comptant jusqu'à 31 enfants, et exceptionnellement, nous avons aussi laissé un enseignant faire des allers-retours entre deux classes."
 

Vacances de Noël

Les trois directeurs constatent que leur charge de travail des enseignants est élevée. Non seulement ils assument toutes sortes de tâches supplémentaires en raison de l'abandon de leurs collègues, mais ils essaient également d'impliquer les élèves en quarantaine pendant les cours par voie numérique.

Wouters se demande s'ils parviendront à passer les fêtes de Noël de cette manière. Reyns, lui aussi, n'est plus convaincu : "Jusqu'à la semaine dernière, la réponse était clairement 'oui', mais quand je vois ce que nous avons vécu entre-temps, je ne peux qu'espérer que cela reste ainsi."

Une troisième dose ?

Le syndicat chrétien des enseignants, demande donc au Conseil supérieur de la santé et aux différents ministres de la santé de donner la priorité aux enseignants du primaire pour une dose supplémentaire du vaccin. Lieven Boeve, directeur général de l'enseignement catholique en Flandre, a également plaidé cette semaine en faveur d'une telle dose de rappel prioritaire pour le personnel enseignant.

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