Procès des attentats de Paris: les policiers belges témoigneront sous anonymat

Les policiers belges pourront témoigner anonymement, par visioconférence, à visage découvert mais avec un masque anticovid, au procès des attentats de Paris, rapportent samedi La Libre Belgique, Le Soir et Sudinfo. Telle est la décision prise vendredi par le président de la cour d'assises spéciale de Paris, Jean-Louis Périès, après des débats houleux à huis clos en chambre du conseil avec des avocats de la défense et des parties civiles.

Il était initialement prévu que les policiers de l'antiterrorisme belge se présentent en personne devant la cour, entre le 25 novembre et le 8 décembre, et déclinent leur identité, âge et adresse comme tout témoin d'un procès en France. Mais le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw s'est opposé à cette décision en début de semaine, envoyant un courrier au président de la cour d'assises spéciale, évoquant une "impossibilité légale".

Une loi belge de 2016 protège en effet l'identité des policiers provenant d'unités spéciales ou chargés d'enquêter sur des infractions particulièrement graves. Il avait dès lors proposé un compromis : que les policiers témoignent avec leur masque anticovid. 

Eviter le blocage du procès

Le refus de la justice belge d'autoriser les policiers belges à témoigner aurait eu pour conséquence de paralyser le procès français. Le tribunal français n'avait donc d'autre choix que de se soumettre à la demande belge.

Dans la foulée du premier courrier, le directeur de la police fédérale belge, Eric Jacobs, avait également écrit à la cour de Paris pour signaler que plusieurs membres des unités antiterroristes belges ont reçu dans le passé des menaces de mort, entraînant des mesures de sécurité particulièrement lourdes, comme la surveillance du domicile familial ou le port permanent de l'arme. 

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