Lincoln College, à Oxford au Royaume-Uni, où la princesse Elisabeth de Belgique étudie actuellement.
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Des bourses d’études pour des universités renommées étrangères bientôt allouées en Flandre

Dès l’année académique prochaine, le gouvernement flamand veut créer un nouveau programme de bourses d’études qui permettra à des étudiants de grand talent de se rendre dans des universités renommées dans le monde. Il débloquera pour cela un budget de deux millions d’euros par an.

Beaucoup d’étudiants rêvent d’aller poursuivre leurs études dans des universités étrangères de renom, comme celles d’Oxford et Cambridge en Grande-Bretagne ou Harvard aux Etats-Unis. Mais ce type d’études coûte très cher et reste donc un rêve pour la plupart des étudiants en Flandre.

Le gouvernement flamand veut apporter sa contribution financière pour concrétiser ce projet pour une partie des étudiants ambitieux. Dès l’année académique 2022-2023, il lancera un nouveau programme de bourses d’études qui permettra à des étudiants flamands qui ont terminé un Master de bénéficier d’un soutien financier de deux ans maximum pour aller poursuivre leur formation dans une université réputée à l’étranger. Cette mesure avait déjà été incluse dans l’accord de gouvernement, et est remise à l’ordre du jour à la demande du ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA), annonce son cabinet.

Quelques conditions

Les étudiants qui veulent bénéficier de cette aide publique devront remplir plusieurs conditions : ils devront avoir obtenu leur diplôme de Master pour des études universitaires ou supérieures effectuées en Flandre, en ayant obtenu en plus des résultats "excellents".

Mais ces résultats académiques ne sont pas suffisants. Les étudiants candidats à une bourse devront en outre démontrer leur potentiel de leadership et leur sens des responsabilités sociétales, dans le cadre d’un exposé écrit. Le gouvernement flamand souhaite en effet soutenir "de futurs dirigeants de la Flandre". Les étudiants flamands devront bien entendu être acceptés dans l’université où ils sollicitent une place et montrer leur parfaite maîtrise du néerlandais.

"Il est bon de miser sur les meilleurs étudiants", estimait Herman Van Goethem (photo), recteur de l’Université d’Anvers, ce lundi au micro de l’émission "De ochtend" (Radio 1), à la VRT. "C’est particulièrement important pour leur développement. Etudier à pareilles universités vous renforce énormément et accroît votre position sur le marché de l’emploi".

Le but est de sélectionner des étudiants dans un large éventail de disciplines. Le montant de la bourse dépendra de la formation visée, mais aussi de l’endroit où l’étudiant se rendra et des coûts qu’ils rencontrera pour le transport, son logement et sa vie quotidienne sur place. Les étudiants bénéficieront de la bourse pendant maximum 24 mois. Le gouvernement flamand établira une liste des universités qui entreront en ligne de compte.

Des ambassadeurs de la Flandre

Le cabinet du ministre-président Jambon indique que le nouveau programme de bourses permettra de créer, à terme, un réseau international d’étudiants flamands d’excellence ayant suivi des cours dans les meilleures universités au monde. Le gouvernement flamand estime qu’il s’agit là d’un instrument supplémentaire dans la politique étrangère de la Région, parce que les étudiants ainsi soutenus auront une fonction d’ambassadeurs de la Flandre.

Le recteur Herman Van Goethem juge l’idée excellente, bien qu’elle puisse encore être améliorée en certains points. "Etudier à l’étranger est souvent compliqué à organiser. Cela sera dorénavant coordonné, ce qui est très bien, mais le système de bourses doit rester démocratique. Etudier à une prestigieuse université coûte vite 40.000 euros. Avec une bourse de deux ans, il faudra pouvoir rester encore un an de plus pour terminer une formation. Le montant des bourses ne doit-il pas dépendre du revenu des parents, par exemple ? Le système doit être conçu de telle sorte que la démocratie soit préservée", estime encore le recteur Van Goethem.

Le gouvernement flamand veut consacrer 2 millions d’euros par an aux bourses d’études à l’étranger. Ce qui devrait permettre chaque année à 20 à 30 étudiants d’obtenir un soutien financier.

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